La marche était encore trop haute

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Loin des 18 médailles récoltées à Barcelone l'an passé aux championnats d'Europe, les Bleus n’ont pas réussi à briller aux Mondiaux de Daegu. Quatre médailles, aucune en or. Un bilan assez maigre qui relègue la France à la 18e place au...

Renaud Lavillenie

Renaud Lavillenie

La locomotive Lemaitre
La star de l’équipe de France, c’est lui. Médaillé de bronze sur 200m (record de France à la clé) et médaillé d’argent avec le relais 4x100m, Christophe Lemaitre a été éblouissant lors de ces Mondiaux. En l’absence de Teddy Tamgho, Leslie Djhone et Ladji Doucouré, les Bleus se sont trouvé un nouveau leader. « Revenir avec deux médailles, je n’y avais jamais pensé, glisse le Savoyard. C’est vraiment énorme ! » A 21 ans, Lemaitre, déjà triple champion d’Europe, a fait une entrée fracassante dans la cour des grands. Sa quatrième place pleine de frustration en finale du 100m ne l’a en rien déstabilisé. Avec un tel phénomène, la France peut se montrer ambitieuse. « Il a un talent fou, admire Bernard Amsalem, le président de la FFA.  On ne connait pas ses limites. Tout est possible avec lui. »

La confirmation Mekhissi
Sa bagarre avec Mehdi Baala sur la piste de Monaco semble bien loin. Attendu au tournant après son écart de conduite, Mahiedine Mekhissi a répondu avec la manière en décrochant le bronze sur 3000m steeple. « Pour tourner la page, je devais être performant, assume le Rémois. Je suis fier d'apporter cette médaille à la France. » A la lutte pour un podium, Bouabdellah Tahri, quatrième, n’a rien pu faire face au champion d’Europe en titre. « Mahiedine est de la même trempe que Lemaitre, estime Maryse Ewanjé-Epée, consultante RMC Sport. Il n’a pas craqué sous la pression. Il va aller très haut. » Dans son sillage, le jeune Jimmy Vicaut (19 ans) s’est révélé aux yeux du grand public. Finaliste du 100m et médaillé d’argent sur 4x100m, celui qui est encore junior a affiché de belles promesses pour l’avenir.

La déception Lavillenie
Annoncé comme le grand favori du concours de la perche, Renaud Lavillenie n’a pu faire mieux qu’une troisième place. Un podium au goût amer pour celui qui avait survolé toute la saison. « J’étais pourtant prêt, peste le champion d’Europe. Ce n'est pas la médaille qui me déplaît. C'est plutôt la performance. » La défaillance de Steve Hooker, éliminé dès les qualifications, lui avait ouvert une voie royale. Mais il n’a pas su s’y engouffrer. «  C’est normal d’être déçu, estime Maryse Ewanjé-Epée. Mais on ne peut pas parler d’échec lorsqu’il y a une médaille. Il y avait un tel niveau lors de ces Mondiaux. » Un niveau qui a également été fatal à Romain Mesnil, transparent à Daegu. Arrivé avec le plein de confiance, Yohan Diniz a lui aussi raté son rendez-vous. Le champion d’Europe a été disqualifié lors du 50km marche. Même frustration pour Baala, diminué physiquement et seulement neuvième en finale du 1500m.

La bulle pour les filles
C’était prévisible. L’équipe de France féminine rentrera bredouille de Corée du Sud.  « On n’est pas au niveau pour avoir des médailles, résume Maryse Ewanjé-Epée. Ce n’est pas une surprise mais c’est une inquiétude. Il va falloir que les filles s’inspirent de l’état d’esprit des garçons. Il faut qu’elles y croient. » Fer de lance des Bleues, Myriam Soumaré a été éliminée en demi-finales du 100m et du 200m. Un sacrée claque pour la championne d’Europe en titre du demi-tour. Et ce n’est pas la septième place d’Antoinette Nana Djimou en finale de l’heptathlon ni la 12e de Stéphanie Falzon au concours du marteau qui risquent d’éclaircir un tableau vierge de médailles…

Alexandre Jaquin avec J-F.P. et F-X. de C., à Daegu