Moncoutié : « Le Tour ne me convient plus »

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L’équipe Cofidis version 2012 a été présentée ce vendredi à la Géode, à Paris. Une fois encore, le manager Eric Boyer pourra compter sur l’inoxydable David Moncoutié. Mais le grimpeur de 36 ans a exprimé son souhait de ne plus retourner sur...


Finalement, vous avez décidé de rempiler pour une saison supplémentaire…

Je me pose toujours la question en fin de saison pour savoir si je poursuis ma carrière ou pas. La retraite, j’y pense, mais actuellement, je me sens toujours coureur. J’aime encore le vélo. Mon envie de victoire est toujours présente. Tant que je prends du plaisir et que j’ai les jambes, je continue. C’est sûr que je suis plus proche de la fin que du début de ma carrière. J’arrêterai un jour. Peut-être à la fin de la saison. Je ne sais pas encore.

Cette saison, votre objectif majeur sera encore le Tour d’Espagne ?

Très clairement. J’ai découvert cette course à 32 ans. C’est-à-dire très tard. J’ai vu que c’était vraiment une épreuve faite pour moi. J’y ai participé quatre fois. J’ai eu quatre maillots de meilleur grimpeur et j’ai remporté quatre étapes. Mon objectif sera de remporter le maillot à pois une cinquième fois pour égaler le record (détenu par José Luis Laguia, ndlr). Je préfère vraiment la Vuelta au Tour. C’est plus tranquille niveau pression et c’est plus dur au niveau du relief. Le Tour, c’est une semaine avec du plat où je gaspille beaucoup de force. La Vuelta, c’est très vite la montagne donc cela me convient mieux.

Vous reverra-t-on quand même sur le Tour de France ?

Le Tour de France ne fait pas partie de mes souhaits. J’ai signalé à l’équipe que ça ne me convenait plus. Je préfère laisser ma place à des jeunes. J’ai participé dix fois à la Grande Boucle. Je pense que la page doit être tournée. Normalement, je ne serai pas au départ. Après, je sais que c’est important pour l’équipe Cofidis. S’ils ont besoin de moi pour pallier l’absence d’un coureur blessé, malade ou hors de forme, je pourrai éventuellement venir. Mais si je peux m’en passer, je m’en passerai.

Vous avez été très critiqué lors du dernier Tour pour avoir roulé derrière Jérémy Roy (FDJ), et favorisé ainsi le retour victorieux à Lourdes de Thor Hushovd. Cela vous a-t-il affecté ?

J’ai eu du mal à comprendre cette polémique. J’en avais parlé avec Jérémy Roy qui, lui aussi, n’avait pas compris. Ce jour-là, c’était comme si, tout d’un coup, on avait considéré que j’étais le méchant. J’ai fait mon travail et même avec du recul, je trouve que je n’ai vraiment rien à me reprocher. Je n’ai pas compris les critiques. C’est sûrement parce que sur le Tour de France, la moindre chose est multipliée par dix. Il fallait trouver une polémique. C’est ce que je n’aime pas sur la Grande Boucle. Cette anecdote ne m’a pas fait aimer davantage cette épreuve.

Propos recueillis par G.Q