Business : le PSG a-t-il déjà gagné la partie ?

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La victoire parisienne hier soir (2-1) met en lumière l’ampleur du défi économique qui attend l’OM pour rivaliser avec un club désormais bien plus fortuné que lui.


Succès au Parc des Princes ce dimanche mis à part, les récentes performances du PSG ont démontré que l’argent était une condition de réussite nécessaire mais pas toujours suffisante. A l’inverse, on peine à trouver des exemples de réussite durable sans argent. Les supporters parisiens, très remontés contre la recrue-star de l’été, Javier Pastore (acheté 42 millions d’euros à Palerme), sont donc appelés à la patience : l’argent de QSI (Qatar Sports Investments) finira par payer.
Profusion d’un côté, diète (relative) de l’autre. A Marseille, l’actionnaire de référence, Margarita Louis-Dreyfus a voulu rassurer à plusieurs reprises en affirmant qu’elle ne lâcherait pas l’OM. « MLD » a cependant averti que  le droit de tirage ne serait pas illimité. Cela devient une habitude ; chaque année, c’est un ticket de 20 millions d’euros qu’il lui faut ajouter pour boucler le budget. L’OM n’a-t-il pas perdu d’avance la guerre économique avec son rival parisien, dopé par l’argent des Qataris ?
Une question tout d’abord. L’OM peut-il être cédé ? Si oui, à quel prix ? En 2010, le magazine économique américain Forbes avait estimé la valorisation de l’OM à 277 millions d’euros en tenant compte notamment de la nombreuse et régulière affluence au Stade-Vélodrome (plus de 40 000 abonnés avant les travaux de rénovation, ndlr). Problème cependant, la gestion des virages (plus de 25 000 places) a été confiée aux associations de supporters depuis la présidence Tapie. Grâce à cette politique, l’affluence est élevée. Mais un investisseur se résoudrait il a acquérir une entreprise qui à perdu une partie de sa souveraineté sur la recette guichet ?
Un autre élément financier porte à réfléchir. Pour une fréquentation moyenne par match supérieure à 50 000, l’OM présente un des « tickets » moyens les plus faibles des grandes écuries européennes. Le Bayern de Munich compte sur une recette de 1 010 euros par an et par siège vendu, contre seulement 480 à Marseille…

L’OM sous-traite une partie importante de ses recettes

A court terme, l’OM n’aura pas les moyens de rivaliser avec le PSG sur le terrain financier. Les 600 millions d’euros annoncés sur six ans par QSI pour le club de la capitale sont évidemment d’une ampleur inédite en France. L’OM ne peut décemment pas suivre ce rythme. Il en va de sa survie. Les solutions disponibles sont à ce stade au nombre de deux. Soit, ce qui est engagé, MLD et le président Vincent Labrune devront se résoudre à faire des économies et réduire le train de vie du club en limitant le recrutement ; soit ils devront envisager d’ouvrir le capital ou céder la totalité des parts dans la SAOS (Société anonyme à objet sportif).
Quant à l’hypothèse d’une entrée en bourse est improbable. Les exemples d’introduction en bourse ont rarement été couronnés de succès et la bourse a horreur de l’incertitude. Une cession de l’OM, plusieurs fois envisagée en coulisse, est-elle possible ? L’OM est l’une des marques les plus prestigieuses du football français, ses revenus marketing sont importants (450 000 maillots vendus chaque année, assure l’équipementier, soit plus que l’équipe de France) mais une fois encore, on ne peut vendre une entreprise qui a sous traité une partie importante de ses recettes.
Dans le contexte actuel, marqué par la stagnation des droits TV, les revenus de la billetterie et le marketing constituent les seules ressources élastiques susceptibles de doper les rentrées financières. Nul investisseur, fût-il richissime, ne renoncerait à se priver de revenus dans une activité aussi aléatoire que le football, qui plus est au moment où l’UEFA entend imposer des règles de bonne gestion à l’échelon européen. Pour l’OM, sauf rachat fulgurant du club dans les prochaines semaines, la partie économique est donc bien mal engagée face à son « meilleur ennemi » parisien.  

Pascal Perri pour RMC Sport
Les cotes des prochains matchs avec PMU.fr
Ligue 1 - 35e journée
25/04
20:30
Nantes 3,05 2,95 2,3 Marseille Je parie
26/04
17:00
Ajaccio 8 4 1,36 Monaco Je parie
26/04
20:00
Evian TG 3,35 3,1 2,05 St-Etienne Je parie
26/04
20:00
Guingamp 1,9 3,15 3,8 Valenciennes Je parie
26/04
20:00
Montpellier 2,05 3,15 3,35 Toulouse Je parie
26/04
20:00
Nice 1,9 3,1 3,9 Reims Je parie