Toulon, une fougue à canaliser

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Vingt ans après son dernier titre de champion de France, Toulon joue une place en finale face à Clermont, ce dimanche (16h30). Un adversaire auvergnat contre lequel le RCT s’est souvent accroché.

Jonny Wilkinson et Bernard Laporte

Jonny Wilkinson et Bernard Laporte

Pour l’instant, tout va bien… Alors que la dernière rencontre Clermont-Toulon (25-19) en Top 14 avait donné lieu à une polémique interminable sur l’arbitrage, l’avant-match de la demi-finale disputée  entre les deux équipes dimanche (16h30), s’est déroulé sans accroc. Pas de « sodomie arbitrale » comme l’avait évoqué Mourad Boudjellal, qui a écopé pour cela de 130 jours de suspension dont il purgera le 129e, ce dimanche. Le contexte aurait pu se prêter à de nouveaux échanges fleuris deux ans après l’élimination de Toulon à ce même stade de la compétition par ces mêmes Clermontois, de qui plus est à la suite d’un essai litigieux (35-29). C’était à cette époque que le président toulonnais avait fustigé, une première fois, l’arbitrage dans ses termes crus mentionnés précédemment.

Cette fois, l’atypique homme fort du RCT s’est contenté de se positionner dans la peau du petit Poucet. « C’est France-All Blacks de 2007 : il y a un entraîneur néo-zélandais (Vern Cotter) et Bernard Laporte (alors sélectionneur des Bleus) mais il n’y aura pas Wayne Barnes au sifflet dans les 20 dernières minutes pour nous aider, plaisante-t-il. C’est quasiment injouable pour nous. On va y aller parce qu’on est toulonnais. Mais je fais de Clermont un énorme favori. » Pourtant, le RCT reste sur une bonne dynamique après sa victoire à l’arraché face au Racing la semaine dernière en barrage (17-13).

Mignoni : « Wilkinson va nous faire gagner »

Les récents finalistes du Challenge européen, troisièmes de la saison régulière, vivent une saison pleine vingt ans après le dernier titre du club. Ils se verraient bien fêter cet anniversaire samedi prochain au Stade de France. « Les demi-finales, c’est l’objectif du club, rappelle Bernard Laporte. Après, il y a la passion d’un groupe. On n’est plus qu’à un match de la finale. Ça ne veut pas dire que tout va s’arrêter en route. Il faut tout donner pour aller le plus loin possible. » Pour cela, le manager du RCT a reconduit le même XV que celui de la semaine dernière à une exception près (retour de Palisson). Jonny Wilkinson, à la peine face au Racing (1/5 aux tirs), est bien là.

« Jonny c’est un grand joueur et un grand monsieur, soutient Pierre Mignoni, entraîneur des arrières du RCT. Il a eu l’humilité de dire ‘je n’y suis pas’ et c’est Matt (Giteau) qui a pris le relais. Il faut le laisser tranquille. Dimanche, il va nous faire gagner la demi-finale et même plus, j’espère ! » Mignoni, ancien clermontois, n’a jamais connu l’ivresse d’un sacre avec trois finales perdues (2007, 2008, 2009) avant de rejoindre la Rade, l’année du premier sacre… clermontois (2010). « Jouer la finale au Stade de France, ce serait le top du top », s’enflamme le capitaine Joe Van Niekerk. Mourad Boudjellal, dont la suspension prend fin lundi, s’y verrait bien aussi…

Nicolas Couet avec Florent Germain et Wilfried Templier