Le cas Nasri fait débat

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Au lendemain du nul des Bleus contre l’Angleterre (1-1), le geste de Samir Nasri après son but a été largement commenté par Laurent Blanc en conférence de presse. Non sans agacement. Les deux hommes devraient s’entretenir en privé sur le sujet.


Lendemain de match du côté de la Chambre de Commerce et d’industrie de Donetsk. Les Bleus ont concédé le nul contre l’Angleterre (1-1). Laurent Blanc est attendu pour son traditionnel point presse d’avant-match. Le sélectionneur le sait, il n’échappera pas aux questions concernant la réaction de Samir Nasri à l’égard d’une certaine presse après son but égalisateur. Les journalistes présents dans la salle enchaînent les questions et ce n’est qu’après un quart d’heure d’entretien que le « dossier chaud » est enfin ouvert.  « Ça fait partie du jeu, avance visiblement agacé l’ancien défenseur international. Samir, je ne l’ai pas vu après le match puis qu’il était au contrôle antidopage. J’aurai une conversation avec lui. On ne peut pas tout maitriser. Il y a des réactions inattendues. »

Deuxième question sur le sujet : « En France, cela a pu être vécu comme un geste de mauvais garçon, deux ans après ce que vous savez », avance un confrère. Laurent Blanc enchaîne : « Ça, ça vous intéresse, hein ? Je le sais. Moi, cela ne m’intéresse pas. Les réactions des joueurs sont personnelles. S’il y a des garçons qui ont des problèmes personnels avec certaines personnes ici présentes (des journalistes, ndlr) ou avec certains médias, vous pouvez le régler. Si ça intéresse des gens, il faut que le problème soit réglé et il le sera. » A l’issue de la troisième question, le ton se veut alors plus agacé encore : « Je suis là pour parler du match de l’Ukraine ou éventuellement du match contre l’Angleterre. (…) S’il y a des questions à lui poser, vous aurez certainement l’occasion de le faire pendant le tournoi. Prochaine question. »

Blanc doit s’entretenir avec son joueur

Après le match, le sélectionneur n’a pas pu s’entretenir avec son joueur en raison de la longueur du contrôle antidopage. Ce n’est que vers minuit (23h en France) que le milieu de terrain a quitté la Dombass Arena. Peu de temps avant, il avait confié en exclusivité à RMC Sport que son « Fermez vos g… » était destiné à un journaliste du quotidien L’Equipe. Pas plus d’explication détaillée pour Nasri qui a ensuite traversé la zone mixte en refusant de répondre aux journalistes qui l’attendaient pourtant depuis plus de deux heures dans les couloirs du stade. Il faut dire que rien n’obligeait Nasri à s’arrêter, tout simplement parce qu’il faisait partie des joueurs tirés au sort pour le contrôle antidopage.

De retour à Kirsha, le diner étant terminé, le Citizen n’a pas pu voir non plus ses coéquipiers. Marvin Martin glisse qu’il n’était pas au courant de ses propos jusqu’au point presse. « On aura certainement l’occasion d’en parler ce soir (mardi soir) à l’entraînement », prévoyait Mathieu Debuchy. A moins que Nasri ne fasse l’impasse sur la séance du jour puisque le joueur aux 32 sélections avait une poche de glace sur le genou droit à l’issue de la rencontre face aux Anglais. Ce mardi matin, il n’a pas pris part au décrassage matinal afin de soigner ce bobo sans gravité. Ce n’est certainement pas le seul fait à retenir de l’entrée en lice des Bleus dans cet Euro, mais cet incident arrive mal alors que la Fédération s’attache à redorer l’image ternie depuis deux ans de cette équipe de France.

 

Notre consultant Jean-Michel Larqué n’a pas du tout apprécié la réaction de Samir Nasri après son but face à l’Angleterre (1-1), lundi à Donetsk : «Il a été critiqué tout à fait normalement, lâche le membre de la Dream Team RMC Sport. S’il ne veut pas être critiqué, il y a deux choses à faire : mieux jouer au football ou ne pas jouer en équipe de France. L’équipe de France est en reconquête d’image et là, il refait tout tomber sur une seule réflexion ! Les parents qui ont regardé le match et dont le fils joue au football le week-end, ont comme un exemple le buteur de l’équipe de France qui s’adresse à une tierce personne en lui disant : « Ferme ta gueule ! » C’est absolument ahurissant ! Ça n’a pas de sens. C’est le résultat d’une certaine impunité de ces jeunes gens qui considèrent qu’on ne peut surtout pas les critiquer. Et eux se permettent tout. »

Pierrick Taisne (avec J.R. et J.S.) à Donetsk