Poulat : « Armstrong est une machine »

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Deuxième le mois dernier du triathlon half-Ironman de Saint-Croix devant Lance Armstrong, le Français Stéphane Poulat témoigne de cette expérience unique vécue aux côtés de l’Américain. Sans toutefois avoir de doutes sur sa performance.

Lance Armstrong

Lance Armstrong

Stéphane, comment avez-vous réagi après l’annonce de l’ouverture de la procédure contre Lance Armstrong ?

Je suis un peu surpris qu’on puisse s’acharner sur lui de cette manière. Il y a déjà eu plusieurs tentatives. Est-ce qu’aujourd’hui ils ont des nouvelles preuves ?

Quels souvenirs gardez-vous de votre dernière confrontation avec lui ?

J’avais de très bonnes sensations. C’est un grand bonhomme, avec beaucoup de charisme. C’est une petite émotion d’être au départ avec lui car c’est un grand monsieur. Je l’ai battu et j’en suis fier. Il m’a dit quelques mots à la fin de la course. Il « commence » ou revient dans le triathlon (il faisait partie des meilleurs espoirs américains au début des années 1990, ndlr). Il est donc à son niveau et va progresser tout doucement. Mais il m’étonnerait qu’il atteigne le même niveau qu’en vélo. Sa carrière s’arrêtera peut-être demain…

Êtes-vous surpris de son niveau en triathlon ?

Je ne suis pas surpris car c’est une machine. Ça fait plus d’un an qu’il travaille pour revenir en triathlon. Aujourd’hui, il fait partie d’une discipline où il retrouve le vélo et la natation. Il faut rappeler qu’il a été nageur. Ses performances ne m’étonnent donc pas. Je serais déçu demain si on me disait que Lance Armstrong s’est dopé sur les courses de triathlon. Il veut toujours être performant. Mais jusqu’à quel point et de quelle manière ?

Pensez-vous que cette affaire puisse avoir des répercussions sur le triathlon ?

C’est dommage. Lance Armstrong amenait un peu de sang neuf dans le triathlon. Les médias s’intéressaient à notre sport et commençaient à parler de nous. Avec cette affaire, ils s’y intéressent d’une autre manière. Et c’est plutôt négatif pour l’image du triathlon et du sport en général. Ce n’est pas intéressant de revenir sur des affaires qui datent d’une dizaine d’années. S’ils ne sont pas contrôlés dans l’année, je ne vois pas l’intérêt d’y revenir 10 ans en arrière.

Comment voyez-vous ce monde du cyclisme ?

On connait le milieu du vélo. Je ne vais que répéter ce qu’il se dit. Il est un peu entaché par le dopage. Armstrong a gagné sept Tour de France. Et donc s’il s’avère qu’il était positif, va-t-on donner le Tour au 2e ou 3e ? Mais il se pourrait également qu’ils ne soient pas « propres ». C’est tout un milieu sportif qu’il faudrait revoir. On sait qu’il y a du dopage dans le vélo. Je ne veux accuser personne. Aujourd’hui, on a du nouveau sur Armstrong mais encore faut-il le prouver. Après si c’est prouvé, on pourra dire : « Lance Armstrong s’est dopé tant d’années ».

Quand vous vous faisiez dépasser par Lance Armstrong, avez-vous pensé à ses histoires de dopage ?

Non, je n’y ai pas pensé. Si on se dit : « Lui, il me double car il est dopé », Il faut arrêter le sport. Il y a des tricheurs dans le sport mais il y en aura toujours. Il faut qu’il y ait des règles et que ça soit sanctionné sévèrement pour minimiser ces faits. Aujourd’hui en triathlon, il est présent et fait des belles performances. Je ne vais pas dire qu’il est dopé car je suis devant lui et moi, je ne suis pas dopé.

Propos recueillis par P.L, à Biarritz