Les Bleus sont « addicts »

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C’est un travail de l’ombre, mais il a son importance. Avec à sa tête Thierry Marszalek, la cellule image des Bleus travaille sans relâche pour découvrir la moindre faille de l’adversaire. Avec comme outils, tablettes numériques et GPS.

Karim Benzema

Karim Benzema

L’image n’est pas passée inaperçue. Du bord du terrain, quelques minutes avant l’entrée en jeu des remplaçants, Alain Boghossian saisit sa tablette numérique. L’adjoint de Laurent Blanc distille les dernières consignes aux joueurs. Sur cette tablette, un logiciel qui affiche les animations et les changements tactiques en fonction des changements opérés. Egalement des powerpoint avec les positions des différents joueurs sur les coups de pied arrêtés. L’équipe de France s’est définitivement mise à l’heure des nouvelles technologies. Depuis 1988, la Fédération a mis en place une cellule vidéo qui collecte les informations, d’abord pour les A, puis pour les espoirs, les féminines et sur les grandes compétitions, pour les autres équipes de jeunes.

A 45 ans, Thierry Marszalek est le responsable d’une cellule qui comprend cinq personnes. Durant les entraînements, il filme tout. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir dans un coin du terrain une petite caméra placée en haut d’une perche de plusieurs mètres de haut et reliée à une tablette qui collecte les informations. Il dispose également de GPS qui envoient des données personnalisées. « On a le rapport entre l’image et l’effort du joueur, précise celui qui possède près de 20 ans d’expérience derrière lui. On a des données cardiaques, sur la vitesse du joueur, sur les sauts, l’intensité… On couple ça avec la vidéo. On a un rendu visuel sur les efforts. » Et pour un match, il passe 6 à 8 heures à décortiquer plusieurs fois chaque action et à effectuer un montage propre à chaque joueur.

10 000 matchs en stock

Contre l’Ukraine, c’est Franck Ribéry qui a suscité le plus de travail à cette cellule image. Le Munichois a touché 100 ballons et s’en tire pour 22 minutes. « Ça dure entre 10 minutes pour un attaquant et 25 minutes pour un milieu, continue Marszalek. Pour Lloris, ça a été très vite. » Le technicien propose ensuite à chacun des joueurs le résultat final. Certains sont demandeurs. Parmi eux, Karim Benzema, qui aime revenir sur son match. D’autres le sont moins. Pendant la compétition, tous les matchs sont ainsi observés par des entraîneurs nationaux qui dressent ensuite des rapports. Le travail sur la Croatie, l’Italie et l’Espagne, futurs probables adversaires, a d’ores et déjà commencé. Au final, ce sont près de 10 000 rencontres qui composent la banque de données de la FFF.

Et pour ne pas avoir à déplacer autant de rush, la Fédération a même installé un serveur à Donetsk pour visionner à distance les anciens matchs. Autrefois en avance sur les autres nations, la France a petit à petit vu les Allemands et les Espagnols revenir dans la course. Pour affronter la Suède mardi, Marszalek et ses hommes ont déjà élaboré une partie du plan d’attaque.  « On a préparé la même chose que les autres adversaires en les observant lors des matchs de préparation contre la Serbie et l’Islande et lors de cet Euro », ajoute-t-il. Et quand on le questionne sur sa part de réussite dans le succès éventuel des Bleus, il calme le jeu : « On a beaucoup d’humilité par rapport à notre travail. Quand on prévoit un match, on prévoit un scénario et quand à ça se passe comme prévu, on est satisfait ». Tout simplement.

Les Bleus vont quitter Donetsk ce lundi, pour la 1ère fois depuis qu’ils sont arrivés en Ukraine. C’est à bord d’un avion affrété par la FFF qu’ils rejoindront Kiev en fin de matinée. Les joueurs quitteront le centre de Kirsha vers 9h (heure française), pour un décollage prévu à 10h15. Au bout d’1h30 de vol, la délégation de 50 personnes rejoindra l’hôtel situé au nord-ouest de la ville et à une vingtaine de minutes du stade pour le déjeuner, avant de découvrir le stade olympique à 19h pour l’entraînement ouvert 15 minutes à la presse. Laurent Blanc et son capitaine Hugo Lloris rencontreront la presse à 18h15. Les Bleus quitteront Kiev ce mercredi vers 14h pour retourner à Kirsha (même en cas d’improbable élimination). A noter qu’il n’y aura pas d’avion de partenaires pour le match face à la Suède, mais qu’il y en a un de prévu pour les quarts de finale.

Les joueurs et le staff de l’équipe de France seront rejoints par leur compagne ou leur épouse ce mardi. Toutes ne seront pas là, comme par exemple la femme du sélectionneur. L’avion quittera Paris - Le Bourget vers 10h mardi matin avec à son bord le président de la FFF Noël Le Graët, qui était rentré en France après le match contre l’Ukraine pour des raisons professionnelles. Selon nos informations, il y aura une vingtaine de femmes qui rallieront Kiev (sur une délégation d’environ 50 personnes). Elles seront prises en charge dès leur arrivée avec une visite de la ville en bus avec un guide, un déjeuner dans un restaurant de spécialités ukrainiennes, avant d’aller au stade pour assister à la rencontre face à la Suède (20h45). Elles pourront apercevoir leur mari ou leur compagnon depuis la partie de tribunes qui leur a été réservée, avant de les retrouver à leur hôtel seulement après la rencontre pour partager le dîner et le déjeuner le lendemain.

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Pierrick Taisne à Donetsk