L’Italie ou le cauchemar du « biscotto »

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Condamnée à battre l’Irlande et à espérer que l’Espagne et la Croatie ne se quittent pas sur nul riche en buts, l’Italie craint le scénario de l’Euro 2004. De quoi aiguiser les tensions au sein d’une sélection plus que jamais sous pression.

Cesare Prandelli

Cesare Prandelli

Depuis quelques jours en Italie, ils n’ont plus que ce mot à la bouche. « Biscotto ». Biscuit, en italien. Un terme également employé dans le jargon hippique du pays pour évoquer le dopage. Et, par extension, un arrangement entre deux personnes. Une déclinaison encore plus justifiée depuis 2004 et l’élimination des Italiens au 1er tour de l’Euro portugais, crucifié par un nul prolifique entre la Suède et le Danemark (2-2). Ce scénario, ce spectre même, la Nazionale le redoute plus que tout. Opposée ce lundi soir à une équipe d’Irlande déjà éliminée, l’Italie craint qu’Espagnols et Croates, en ballotage favorable pour la qualification, ne se contentent d’un score identique, qui rendrait alors inutile une victoire des hommes de Cesare Prandelli.

Si la presse italienne ne cesse d’entretenir la psychose, les joueurs, eux, tentent de désamorcer le débat. A leur façon. « Mamma mia… ça fait deux jours qu’on ne parle que de ça, a posté sur sa page Facebook Gianluigi Buffon. Biscotto-ci, biscotto-là, biscotto partout. Comme si les coupables étaient toujours les autres… Comme si pour cacher notre manque de confiance et notre fragilité nous avions toujours besoin d'alibis. » Sortie saillante du capitaine de l’Italie, visiblement agacé par les scandales et l’atmosphère régnant autour de ce match couperet. Qui le sera d’autant plus que l’Irlande, qui alignera le même onze que celui retenu depuis le début de l’Euro… a prévu, elle aussi, de jouer le jeu.

Di Natale plutôt que Balotelli

« Nous jouerons pour notre honneur, pour l'honneur de notre nation, pour ces supporters qui nous ont applaudi même quand nous étions menés 4-0 contre l'Espagne et qui méritent notre respect », a annoncé le guide des Verts, l’Italien Giovanni Trapattoni. Une Irlande motivée, pas vraiment le meilleur des adversaires pour des Italiens sous pression. A l’image d’un Mario Balotelli tancé en public par son sélectionneur et son coéquipier, Claudio Marchisio. Décevant face à l’Espagne et la Croatie, il pourrait laisser sa place à Antonio Di Natale.

Une hypothèse encore plus probable après que l’association Cassano-Di Natale ait été testée à l’entraînement. « Le système n'est pas important, c'est surtout le cœur qui compte, la volonté d'aller de l'avant, tempère Cesare Prandelli. Après vient le temps de la critique, mais là on n'a pas encore choisi le système que vous nous critiquez déjà ! Je suis convaincu qu'on pourrait préparer un match de foot plus calmement! Là, il y a un climat particulier. » Preuve que la pression touche bien toutes les sphères de la Nazionale.

A.D