Le Portugal passe à l’orange

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Grâce à un doublé de Cristiano Ronaldo, le Portugal domine les Pays-Bas (2-1) et accompagne l’Allemagne en quarts de finale. Fébriles et pas inspirés, les Oranje quittent la compétition par la petite porte.

Cristiano Ronaldo

Cristiano Ronaldo

Il ne fallait pas l’enterrer trop vite. Pourtant, il n’avait pas annoncé le ketchup. Juste laisser dire les critiques. Cristiano Ronaldo a un mental à toute épreuve. Un mental de champion. Dimanche soir, le Portugal jouait gros pourtant, face à des Bataves au pied du mur et tout proches de l’avion retour après leurs sorties de route danoises et allemandes. Mais la pression n’inhibe pas toujours les crampons de CR7, dont le pays lusitanien attend tellement en sélection. Après son match raté – sans conséquence – face au Danemark, c’est lui qui a puni des Oranje vraiment trop amers. Et qualifié ses coéquipiers pour les quarts de finale.

Cristiano Ronaldo n’a pas vraiment eu besoin de faire un numéro de soliste sur le pré du Metalist Stadium. Le joueur du Real Madrid, comme le reste de sa sélection, a surtout profité des largesses défensives des Pays-Bas. Maladresse, manque de cohésion offensive : les hommes de Bert van Marwijk sont restés dans la même filière décevante qu’ils suivent depuis leur entrée en lice dans la compétition et qui leur avaient valu une déconvenue contre le Danemark (0-1). Puis une sortie de route allemande (1-2). Pourtant, après « la guerre des ego », « la paix des ménages » affichée cette fois par les Oranje semblait prometteuse.

Ronaldo n’était pas loin du triplé

Avec un onze résolument offensif et les quatre gâchettes de la sélection (van Persie, Robben, Huntelaar, Sneijder) enfin alignées d’entrée. Sauf que l’abondance de biens n’a pas débouché sur le résultat espéré. Si Robben a bien mis van der Vaart sur orbite (14e) pour l’ouverture du score, l’orange mécanique ne s’est jamais mise en branle. Tout le contraire d’un CR7, en face, bien à propos pour tromper Stekelenburg de près (28e). Puis, après avoir vu Nani gâcher un magnifique caviar (73e), faire le travail tout seul comme un grand dans la minute suivante, après un crochet sur van der Wiel et une frappe placée au-devant du portier néerlandais (78e).

Et sans le montant gauche de Stekelenburg (90e), le Ballon d’Or 2008 aurait pu s’offrir un retentissant triplé.  Sans compter l'autre poteau, droit cette fois, rencontré en début de match (16e). Moribond en début d’Euro, tout près du cauchemar il y a quatre jours face au Danemark, le Portugal de Ronaldo s’est extirpé du groupe de la mort, comme il avait su le faire lors du Mondial 2010, et a terrassé, pour la troisième fois en autant de rencontres en tournois internationaux, des Oranje sans teint. A l’image d’une frappe enroulée sur le poteau de van der Vaart (82e), les vice-champions du monde 2010 n’ont pas eu la réussite. Ni le génie pour eux. Ce sera le Portugal qui défiera jeudi à Varsovie la République tchèque, en quart donc, un niveau qu'il ne lâche plus depuis l'Euro 1996. Pendant ce temps-là, Robben and co seront déjà aux Pays-Bas. Prêts à essuyer les critiques de tout un pays.

A.D