La Grèce veut se payer l’Allemagne

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Qualifiés miraculeusement pour les quarts de finale, les Grecs affronteront l’Allemagne vendredi. Plus qu’un match, une potentielle revanche pour un peuple qui s’estime humilié politiquement par le gouvernement d’Angela Merkel.

Giorgos Karagounis

Giorgos Karagounis

Giorgos Karagounis a-t-il vraiment mesuré l’impact de son but contre la Russie samedi (1-0) ? Avec la victoire et la qualification pour les quarts de finale, le milieu de terrain grec a offert un immense bonheur à une nation qui ne s’imaginait pas quelques heures plus tôt parmi les huit meilleures du Vieux Continent, huit ans après son sacre surprise au Portugal. Mais le cadeau de Giorgos Karagounis ne se résume pas seulement à un inattendu billet pour les quarts. Au peuple grec, c’est une perspective de revanche sportive sur une humiliation économique qu’il propose. Car vendredi, à Gdansk, la Grèce affrontera l’Allemagne.

Un pays, gouverné par Angela Merkel, qui pilote la rigueur européenne à son encontre et menace de couper les aides financières. « La qualification est très importante, justement à cause de la situation du pays, explique Petros, un Athénien qui vit à Bruxelles et qui était à Varsovie samedi soir. Les gens ont le moral à zéro donc c’est quelque chose qui va faire du bien même si ça n’a pas un impact sur la crise économique. Battre les Allemands, ce serait un rêve, surtout en ce moment. Il y a pas mal de tensions et puis c’est David contre Goliath, le petit contre le grand. » A l’Arena de Gdansk, il y a fort à parier que quelques banderoles « à thème » surgiront dans les tribunes.

« Notre peuple se sent menacé par l'Allemagne »

Et comme si le contexte n’était déjà pas assez propice à un match singulier, un récent sondage a jeté de l'huile sur le feu, une grande majorité des chefs d'entreprise allemands estimant qu'il est temps pour la Grèce de quitter l'euro… « Notre peuple se sent menacé par l'Allemagne, qui ne veut pas nous laisser de temps pour qu'on réagisse, affirme Makis, un autre supporter grec. Oui, nous sommes aussi coupables, mais qu'ils nous laissent du temps. C'est vrai que parfois, le football rejoint la politique, ça a toujours été comme ça. Et ce sera encore comme ça si on les affronte. Mais on va gagner ! » La Grèce votait, ce dimanche, dans le cadre d’élections législatives très serrées. La liste de Giorgos Karagounis aurait peut-être pu avoir la majorité…

LP avec NJ à Varsovie