Blanc : « Il y a un coup à jouer »

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Même s’il reconnaît la supériorité de l’Espagne et les tensions qui ont éclaté au sein de son groupe, le sélectionneur de l’équipe de France veut croire aux chances de son équipe, ce samedi, en quart de de finale de l’Euro (20h45).


Laurent, à quoi vous attendez-vous contre l’Espagne ?

Même s’il y a une petite incertitude sur leur compo, notamment sur le joueur qui jouera devant, on connaît leurs points forts. Il n’y aura pas de surprise. L’Espagne a un certain type de jeu. Elle domine le football européen et mondial depuis quatre ans. Quelques équipes sont arrivées à les ennuyer. L’Italie a joué avec une solidarité incroyable. La Croatie a eu sa chance, avec un système différent, mais la même volonté. 

 

Comment la faire déjouer ?

Il faut s’adapter le moins possible à l’adversaire. Mais là, on rencontre une grande équipe. L’Espagne est très en avance par rapport à nous. Il faudra s’adapter à leur jeu mais sans se priver de nos propres forces.  Il faut arriver à faire en sorte que plus le match avance, plus on soit dedans. On sait très bien qu’ils vont avoir le ballon. C’est quasiment impossible de lutter là-dessus avec eux. Mais on va jouer avec nos armes, qui peuvent les mettre en danger.

 

Des conflits au sein du groupe ont éclaté après la défaite contre la Suède…

Des conflits, non. Il y a eu des mots, des réactions. On relate souvent ce qu’il se passe dans les vestiaires. On en fait beaucoup. Parfois, c’est grave. Dans tous les cas, il faut essayer de revenir au calme le plus vite possible. Il y avait de l’énervement, de la nervosité. Certains joueurs étaient très énervés. Il a fallu tempérer tout ça. Il ne fallait pas déconnecter de l’Euro et se préparer pour les quarts. Ça a duré un petit peu. Des choses ont été dites. Elles ont été actées et acceptées. La vie continue. 

 

« Des difficultés, Dieu sait qu’on en a… »

Yohan Cabaye ne vous a-t-il pas manqué ?

Des joueurs comme Yohan (Cabaye), on s’aperçoit de leurs qualités quand ils ne sont pas là. Yohan nous amène une sûreté technique qui nous fait du bien. Il a pris une dimension supplémentaire depuis quelques temps, avec son club et son équipe nationale.

 

Votre équipe peut-elle se qualifier pour les demi-finales ?

Il y a un coup à jouer. Face à l’Espagne, si tu défends bien, que tu es compact, que dans les 20-30 premières minutes tu démontres que tu es présent, tu sais que tu vas avoir ta chance. Mais il faut remplir ces paramètres. Sinon, tu vas être puni.

 

La défaite face à la Suède a mis en lumière vos lacunes…

Des difficultés, Dieu sait qu’on en a. Beaucoup trop, à mon sens. Mais c’est comme ça. On sait d’où on vient. Le traumatisme (Knysna) est présent dans tous les esprits. Il y a deux ou trois tensions et on a peur de revivre ça. Mais il faut essayer d’apaiser un peu tout le monde en voyant les personnes concernées. Même s’il y a eu quelques secousses, le paradoxe, c’est qu’on est qualifié pour les quarts de finale de l’Euro. Et qu’on a un match très excitant à préparer. Il fallait vite passer dans la préparation. C’est ce qu’on a fait. 

 

L’Espagne a-t-elle des points faibles ?

Je ne me permettrais pas de critiquer le jeu de l’Espagne. Je prends réellement beaucoup de plaisir à la regarder jouer en tant que spectateur. C’est ce que j’aime. C’est un plaisir, un régal. Ce n’est pas pour rien qu’ils dominent le football mondial. 

 

Joueur du Barça lors de la saison 1996-1997, Laurent Blanc conserve une belle cote en Espagne, où il est très respecté. Son élégance, sa propreté dans le jeu, lui avaient valu d’être appelé « Monsieur » Blanc, en français dans le texte. Ces derniers temps, son nom est même revenu dans la presse espagnole comme l’un des possibles successeurs de Pep Guardiola, même s’il n’y a pas eu de contacts entre les deux parties. Ce n’est peut-être que partie remise puisque de l’autre côté des Pyrénéens, son profil en fait un candidat légitime à un futur poste d’entraîneur en Liga. Si l’Espagne apprécie Laurent Blanc, la réciproque est vraie. « Je ne me permettrais pas de critiquer le jeu de l’Espagne, a assuré le sélectionneur des Bleus ce vendredi. Je prends réellement beaucoup de plaisir à la regarder jouer en tant que spectateur. C’est ce que j’aime. C’est un plaisir, un régal. Ce n’est pas pour rien qu’ils dominent le football mondial. »