Le pari perdu de Blanc

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En alignant d’entrée le duo Réveillère-Debuchy sur le côté droit, Laurent Blanc a opté pour une tactique ultra-défensive face à l’Espagne (2-0). Un choix perdant pour le sélectionneur des Bleus, tant les deux joueurs n’ont jamais trouvé...

Laurent Blanc

Laurent Blanc

Laurent Blanc avait bien préparé son affaire. Dans le secret (presque) le plus total du centre d’entraînement de Kirsha, le sélectionneur des Bleus avait sorti de ses petits carnets une tactique encore inédite depuis sa prise de fonction. Une défense « hybride », entre 4 et 5 éléments. Sur le papier, l’arrière-garde tricolore était en effet composée de 4 joueurs : Réveillère, Rami, Koscielny et Clichy. Une tactique effective lorsque les Bleus ont (rarement) été en possession du ballon, renforcée par l’apport de Mathieu Debuchy lors des phases défensives, Réveillère venant au soutien de sa défense centrale.

Un pari perdu après seulement 19 minutes de jeu. Préféré à Ménez, Ben Arfa, Nasri ou encore Valbuena pour ses qualités défensives, le Lillois avait pour mission de cadenasser le côté gauche espagnol, composé de Jordi Alba et Andrés Iniesta. Servi par le second nommé juste après le premier quart d’heure, le latéral valencian a pris le dessus sur Debuchy, avant de centrer sur la tête de Xabi Alonso pour l’ouverture du score (1-0, 19e). Une action symbole de l’inexpérience du duo Debuchy-Réveillère dans cette configuration, les deux hommes se laissant aspirer bêtement sur l’action. Remplacé par Jérémy Ménez à la 64e minute, la « Bûche » n’aura pas non plus apporté offensivement, mise à part sur une tête en position d’avant-centre, au-dessus du but de Casillas (60e). En accrochant Pedro dans les arrêts de jeu, Réveillère a quant à lui provoqué le penalty du 2-0.

L’influence de Chelsea

Si à l’issue du 1er tour, Laurent Blanc avait annoncé qu’il souhaitait que ses joueurs pratiquent un football offensif face à la Roja, le sélectionneur tricolore s’est vite renié. Au placard les belles intentions et place à une tactique très défensive, style Chelsea face au FC Barcelone en demi-finale de la Ligue des champions (1-0, 2-2). « On rencontre une grande équipe, il faudra s’adapter au jeu des Espagnols », avait lancé l’ancien coach bordelais vendredi en conférence de presse, laissant présager de la tactique mise en place. Un coup de poker qui aura finalement fait long feu lors de ce quart de finale. Et cette fois, il n’y aura pas de session de rattrapage.

Alexandre Alain