Prudhomme : « On peut avoir de vraies surprises »

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Malgré l’absence d’Alberto Contador et d’Andy Schleck, le directeur du Tour de France se montre enthousiaste avant le départ de cette 99e édition de la Grande Boucle, ce samedi à Liège. Et promet une course pleine de surprises.

Christian Prudhomme

Christian Prudhomme

Christian, ce départ de Liège promet d’être une très belle fête.

C’est certain que la Belgique est le cœur du cyclisme. C’est la passion, l’enthousiasme et la légende du vélo, avec ses champions et ses grandes courses comme Liège-Bastogne-Liège. En 2004, la province de Liège nous avait réservé un accueil formidable pour le Grand départ, avec 300 000 personnes pour le prologue. En Belgique, ils ont le vélo chevillé au corps et ça fait plaisir.

On parle de « Tour de transition ». Est-ce que l’expression vous plaît ?

Non, pas du tout. Quand on tire des plans sur la comète, en général, on se trompe. Pour tous les coureurs qui y participent, cela ne peut pas être un Tour de transition. J’espère qu’on aura un vrai suspense et de la bagarre. Le parcours a été fait pour ça, avec beaucoup de lieux inédits, des cols qui ont des pentes sans doute les plus raides de l’Histoire du Tour. Il y aura forcément une prime pour ceux qui osent. En revanche, ceux qui n’osent pas risquent de s’en mordre les doigts. Le terrain est fait pour l’offensive. Avec 100km de contre-la-montre, il faudra forcément aller chercher du temps quelque part.

Quelle est la plus belle étape de ce Tour ?

Ce sera celle sur laquelle les coureurs utiliseront le parcours. L’année dernière, quand Andy Schleck va gagner au sommet du Galibier pour la plus haute arrivée de l’Histoire du Tour, ce qui est potentiellement la plus belle étape le devient de fait. Là, il y a beaucoup d’étapes qui me plaisent, dès dimanche avec l’arrivée à Seraing (1ère étape) puis le final de Boulogne-sur-Mer (3e étape). L’étape de la Planche des Belles Filles (7e étape, 5,9 km à 8,5 %, avec des passages à 13 et 14%), vous allez voir le final, ça va être quelque chose ! De Belfort à Porrentruy (8e étape), c’est une succession de côtes de plus en plus raides. Nibali (Liquigas) peut y faire un malheur. Entre Albertville et La Toussuire (11e étape), il n’y a pas de vallées. Vous enchaînez les cols. Si vous êtes fort, vous n’avez même plus besoin d’équipiers. Vous pouvez y aller. On peut avoir de vraies surprises.

De quoi rêvez-vous avant ce départ ?

Que tout se passe bien, qu’il n’y ait pas d’accident, parce que la sécurité est la chose la plus importante. Le Tour, c’est bien plus que la plus grande compétition cycliste au monde, c’est une épreuve qui fédère et qui rassemble. Ce sont 3 500km de sourires. Et puis, j’espère une course haletante et avec du suspense jusqu’au bout.

« Si Pierre Rolland pouvait confirmer »

L’absence de certains cadors va-t-elle permettre l’émergence de nouveaux coureurs ?

L’année dernière, tout le monde disait que ça allait être un match Contador-Schleck. Finalement, ni l’un ni l’autre n’ont gagné. On ne sait pas ce qu’il va se passer. Le début de la saison donne des indications. Bradley Wiggins est fort, son équipe (Sky) est puissante. Cadel Evans (BMC Racing Team) est un vrai beau champion et a pris encore plus confiance en lui après son succès l’an passé. Mais je ne sais pas ce que cela va donner. Mon rêve serait que le terrain et les étapes pièges du parcours payent.

Quel coureur français va briller cette année ?

Si on est logique, Jérôme Coppel (Saur-Sojasun) devrait être devant. J’espère que Jean-Christophe Péraud (AG2R La Mondiale), qui était très bon l’an dernier mais qui est moins saignant cette année, sera là. Et puis, sait-on jamais, si Pierre Rolland (Europcar) pouvait confirmer sa victoire à l’Alpe d’Huez, ça ne serait pas mal.

Bradley Wiggins et Cadel Evans semblent tout de même être les grandissimes favoris…

Il y aura un duel Wiggins-Evans, mais pas seulement. Je pense que la montagne ne se résumera pas aux seules ascensions mais aussi aux descentes. Et un coureur comme l’Italien Nibali, si on prend du pied de la montée à la descente, ce n’est pas loin d’être le meilleur. Et puis, il y aura des gens comme Hesjedal (Garmin-Barracuda). Qui aurait imaginé qu’il aurait gagné le Tour d’Italie ? Personne ! On peut avoir des surprises !

Propos recueillis par Rémi Perrot, à Liège