Lavillenie toujours plus « show »

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Sacré champion d’Europe au terme d’un magnifique duel avec l’Allemand Björn Otto, le perchiste français a surtout signé la meilleure performance mondiale de l’année (5,97m) ce dimanche à Helsinki. De bon augure avant les JO de Londres.

Renaud Lavillenie

Renaud Lavillenie

Un duel digne d’un western. Un face-à-face d’anthologie. Voilà à quoi se sont livrés Renaud Lavillenie et Björn Otto ce dimanche sur la piste d’Helsinki. Un mano a mano terminé à une hauteur spectaculaire, la barre placée à 6,02m venant à bout des deux athlètes. Sous les yeux d’un public aux anges, c’est finalement le perchiste français qui a raflé la médaille d’or grâce à une barre à 5,97m franchie au 1er essai, signant au passage la meilleure performance mondiale de l’année. « Ce n’est que du bonheur, confie Lavillenie. Ce n’était pas gagné d’avance. Au moins, ce titre, je suis allé le chercher jusqu’au bout, j’ai mis tout ce que j’avais. Et puis remporter un titre avec une performance de ce niveau-là, c’est top, c’est royal ! »

Et comme dans les meilleurs films de John Ford, l’intrigue a mis du temps à se dessiner, avant d’attendre des sommets de tension. Assis côte à côte sur le petit banc placé le long du sautoir, le Français et l’Allemand se sont d’abord épiés, s’observant du coin de l’œil. Puis, au fur et à mesure que les barres s’effaçaient avec plus ou moins de facilité, ils se sont lâchés. Sur un nuage, ils ont profité de ce moment unique partagé avec des spectateurs finlandais, conscients d’assister à un des grands moments de ces championnats d’Europe. « J’ai rêvé d’un concours comme ça depuis 2009 », avoue même le Français.

Lavillenie : « Intéressant pour les Jeux »

Vainqueur lors de ses huit sorties précédentes, le licencié du Clermont Athlétisme Auvergne a donc bien failli perdre son titre acquis il y a deux ans à Barcelone. Finalement, plus de peur que de mal pour le champion du monde en salle. « Je ne dirais pas que j’ai douté mais j’ai eu du mal à maîtriser les conditions dès le début, explique-t-il. Ça m’a un peu perturbé. Mais je suis capable de remonter mon niveau au moment où il faut, j’ai réussi à le faire et c’est ce qu’il fallait. » Reste désormais à maintenir cet état de forme jusqu’au 8 août prochain, pour son entrée en lice au stade olympique de Londres. 

« Au-delà de la performance, c’est surtout la gestion du concours qui est intéressante pour les Jeux, analyse le désormais double champion d’Europe. Les conditions n’étaient pas forcément exceptionnelles. J’ai passé quelques barres avec vent de face. C’est quelque chose d’important parce qu’on sait qu’à Londres, on n’aura pas un grand soleil avec un vent régulier de dos. » En écoutant la Marseillaise, juché sur la plus haute marche du podium, Renaud Lavillenie a également eu quelques idées. « J’y prends goût et je n’ai plus envie de passer à côté », prévient-il en ne cachant même pas ses ambitions pour l’échéance olympique.  

On attendait un feu d’artifice, il n’a finalement pas eu lieu. Moins dorée que prévue, la dernière journée de ces championnats d’Europe a tout de même été belle pour la délégation tricolore. Avec cinq médailles glanées ce dimanche, les athlètes français ont parfaitement conclu cette virée à Helsinki. Emmené par Christophe Lemaitre mais privé de Jimmy Vicaut, touché aux ischio-jambiers, le relais 4x100m masculin n’a pu faire mieux que la 3e place. Pour le reste, c’est l’argent qui a été à l’honneur. Comme à Barcelone il y a deux ans, Garfield Darien a pris la 2e place du 110m haies (13’’20).

Une médaille d’argent que les filles du 4x400m (Anarcharsis, Guion-Firmin, Gayot et Gaye) ont également enfilée autour de leur cou, seulement devancées par les Ukrainiennes. Belle surprise en revanche pour le jeune Florian Carvalho (23 ans), deuxième de la finale du 1500m (3’46’’33). Avec 14 médailles, dont cinq en or, la France se classe au 3e rang du tableau des médailles de ces « Europe », derrière l’Allemagne et la Russie. Il y a deux ans, à Barcelone, les Français avaient décroché 18 médailles (dont huit en or) et avaient pris la deuxième place du classement derrière la Russie (24).

Alexandre Alain avec François-Xavier de Châteaufort