Voeckler dans le viseur des Belges

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Le Français a reçu un accueil hostile de la part du public belge lors du prologue du Tour 2012. Des sifflets qui ont touché le coureur d’Europcar, même si la première étape s’est déroulée dans une ambiance plus détendue ce dimanche.

Thomas Voeckler

Thomas Voeckler

Le public de la Grande Boucle en a fait l’un de ses chouchous. Le temps de deux dizaines en jaune (en 2004 et 2011), Thomas Voeckler a conquis le cœur des spectateurs français. Mais visiblement pas celui des fans belges. Pour ses débuts dans le Tour 2012, le coureur d’Europcar a eu droit à un accueil hostile samedi à Liège. A l’arrivée du prologue, l’Alsacien a été copieusement sifflé par la foule. Lors de la présentation de son équipe, il a également eu droit à un silence glacial. « C’est totalement injuste, s’insurge Jean-René Bernaudeau, le directeur sportif d’Europcar. C’est dur à vivre pour lui. On le salit gratuitement. » Depuis plusieurs semaines, les médias belges mènent une campagne anti-Voeckler.

En cause ? Son attitude jugée hautaine et arrogante. Pour illustrer leurs propos, les journaux s’appuient sur des interviews du Français dans lesquelles il égratigne Tom Boonen, l’idole locale. Résultat, le puncheur de 33 ans, déjà perturbé par une blessure au genou, vit un début de Tour 2012 éprouvant. « Il est déçu par ces réactions, témoigne Andy Flickinger, membre du staff d’Europcar.  Il a tellement donné pour le Tour et le cyclisme en général. Il s’est battu pendant des années pour avoir une bonne image. Mais c’est un grand garçon. Il va relever la tête et nous faire encore de beaux exploits. »

Bernaudeau : « On a hâte d’être en France »

Ce dimanche matin, Voeckler, le visage fermé, est sorti du bus de son équipe en dernier. A peine le temps de signer un autographe à un enfant et le 4e du Tour 2011 a rejoint la ligne de départ sans un sourire. Dans cette ambiance morose, le coureur de 33 ans a terminé 42e au sommet de la côte de Seraing. Mais cette fois, aucune bronca n’a accompagné son arrivée. « Je suis convaincu que sur 500 personnes, il y en a 2 qui sifflent, souffle le natif de Schiltigheim, 36e du général. Malheureusement, ce sont eux qu’on entend. Mais aujourd’hui, j’ai ressenti beaucoup de soutien. Ça m’a fait plaisir. »

Un plaisir salutaire à l’heure où une enquête a été ouverte à l’encontre d’Europcar, concernant de possibles perfusions et la prise de corticoïdes. Après une entame mouvementée, l’horizon devrait rapidement se dégager pour Thomas Voeckler. Encore une étape en terre wallonne - ce lundi entre Visé et Tournai - et le peloton retrouvera les routes de l’Hexagone. « On a hâte d’être en France car la presse belge ne nous a pas épargnés, notamment un commentateur français (Cédric Vasseur, consultant pour la RTBF, ndlr), dénonce Bernaudeau. Après, les sifflets, c’est 0,5%. Voyons les 99% qui restent. » Ils s’annoncent nettement plus chaleureux.

Alexandre Jaquin avec PYL et G.Q., à Seraing