Déjà la fin des illusions pour Voeckler

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Gêné par un genou et retardé par une chute, Thomas Voeckler a accusé ce mardi 7’25’’ de retard sur Peter Sagan, le vainqueur du jour. Aussitôt après l’arrivée, il s’est mué en équipier pour Pierre Rolland. S’il n’abandonne pas…

Thomas Voeckler

Thomas Voeckler

Après seulement quatre jours de course, le Tour de France version 2012 tourne au chemin de croix pour Thomas Voeckler. Le coureur Europcar, maillot jaune pendant dix jours et 4e du classement général l’année dernière, a déjà abandonné toute (éventuelle) ambition  au classement général, ce mardi, en arrivant avec 7’25’’ de retard sur Peter Sagan, le vainqueur du jour à Boulogne-sur-Mer. Gêné à un genou depuis le Critérium du Dauphiné puis forfait aux Championnats de France pour mieux se soigner, Voeckler, incapable de se mettre en danseuse, a été ralenti dans une chute à 40 kilomètres de l’arrivée alors qu’il se situait en queue de peloton. « Je savais qu’il y avait ce risque mais je ne pouvais pas faire mieux, explique-t-il. La douleur est revenue même si elle était différente de celle que j’ai ressentie ces derniers jours. Les mecs ont voulu me ramener mais je leur ai dit que ce n’était pas la peine. »

Une interrogation subsiste sur l’état de santé de l’Alsacien et sur sa capacité à reprendre la route dans les prochains jours. Un point sera fait mercredi matin avec Jean-René Bernaudeau avant le départ de la 4e étape. « On peut être très pessimiste pour lui alors que nous ne sommes qu’au quatrième jour, estime Cyrille Guimard, membre de la Dream Team RMC. Mais devait-il prendre le départ du Tour ? » Luc Leblanc, ancien champion du monde et également membre de la Dream Team RMC, abonde : « Il aurait été plus sage pour Thomas de se motiver pour la deuxième partie de la saison et les Championnats du monde. »

Guimard : « Voeckler a le discours d’un directeur sportif »

Sans se lamenter, l’ancien champion de France s’est aussitôt projeté sur ses nouveaux objectifs dans ce Tour de France. Alors qu’aucune hiérarchie n’avait jusqu’alors été établie au sein de l’équipe, il a lui-même tranché. « Pierre Rolland - c’était déjà assez flagrant mais c’est maintenant sûr - va devenir notre unique leader. Il est dans les temps, a-t-il déclaré. On est tous contents de travailler pour lui. »

En décidant sur le champ les nouvelles orientations de la formation vendéenne, Voeckler prouve une nouvelle fois qu’il possède une étoffe qui dépasse son statut de coureur cycliste. « Jean-René (Bernaudeau, directeur sportif d’Europcar, ndlr) n’est plus le seul patron. Dans les briefings, c’est Thomas Voeckler qui parle, raconte Cyrille Guimard. Son analyse confirme qu’il est attentif à ce qui se passe au sein de l’équipe. Peut-être que dans sa tête, il a déjà fait un trait sur le Tour de France. Il a le discours du directeur sportif et non plus celui du coureur. »

A l’issue de la 3e étape, Jean-René Bernaudeau, directeur sportif d’Europcar, n’a pas écarté l’idée d’un abandon de son leader. « On attend avec impatience le compte-rendu du Dr Hubert Long pour savoir où il en est. A priori, ce n’est pas plus mal qu’hier. J’ai de grosses craintes parce que chez nous, on ne touche pas à la santé et on ne prendra aucun risque, déclare-t-il. Soit il est totalement rétabli, soit il reste de gros points d’interrogations. On ne joue pas avec la santé des gens. Thomas ne doit rien à l’équipe. Il donne beaucoup avec un rendement formidable en tant qu’homme. L’âme de l’équipe, c’est lui. Il est à part. Ce serait un gros coup de le perdre mais ça fait partie du jeu. Durant sa carrière, il n’a jamais été blessé. On aurait peut-être dû couper il y a un mois lors de la première alerte sur le Dauphiné. Ce ne sera pas le même Tour que l’an dernier, ça c’est sûr et certain ce soir. »

Nicolas Couet avec PYL à Boulogne-sur-Mer