Greipel domine la guerre des sprinteurs

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Déjà vainqueur la veille, André Greipel a récidivé ce jeudi à Saint-Quentin lors de la 5e étape du Tour. L’Allemand est désormais plus qu’un challenger pour Mark Cavendish, alors que la tension n’en finit plus de monter entre sprinteurs.

André Greipel

André Greipel

De la bagarre, des chutes, du sang. La guerre des sprinteurs a encore une fois été agitée ce jeudi dans les rues de Saint-Quentin, au bout de la 5e étape du Tour de France, remportée comme la veille par l’Allemand André Greipel (Lotto-Belisol). Après Mark Cavendish (Sky) mercredi à Rouen, c’est Tyler Farrar (Garmin) qui a goûté le bitume à deux kilomètres de l’arrivée. L’Américain a franchi la ligne attardé, avec le coude en sang et l’envie d’en découdre plutôt que de débattre des responsabilités de chacun. Un nouveau signe de la nervosité des cadors du sprint et des risques peut-être trop importants que certains prennent dans les derniers kilomètres. D’autres trinquent, comme Peter Sagan (Liquigas), au sens de l’équilibre pourtant pointu, pris dans le mouvement alors qu’il aurait pu jouer la victoire.

« Je ne sais pas comment j'ai fait pour revenir dans le groupe de tête et comment j'ai pu éviter la chute de Farrar, confie le vainqueur du jour, auteur du doublé Normandie-Picardie. Il me restait encore un peu de puissance et j'ai pu gagner. Mais s'il n y a pas d'espace, on ne peut pas passer ! J'ai juste été chanceux. » Et autoritaire, dans un final en faux-plat montant, pour battre cette fois à la régulière le champion du monde en titre, Mark Cavendish (Sky), 5e derrière Samuel Dumoulin (Cofidis). « On ne joue pas contre Cavendish, il y en a tellement d’autres », essaye de faire croire Marc Sergeant, le manager de Lotto-Belisol, l’équipe du massif sprinteur de Rostock.

Brailsford : « Mark n’aime pas être battu »

Toujours est-il que c’est la deuxième fois, pour trois victoires sur le Tour (1 en 2011, 2 en 2012), qu’André Greipel domine son ex-coéquipier. Serait-il en train de prendre l’ascendant psychologique ? La thèse reste à démontrer vendredi à Metz. « Mark Cavendish avait un développement beaucoup trop gros aujourd’hui, explique Cyrille Guimard. Il pensait sans doute que la pente était moins importante. André Greipel avait lui un braquet beaucoup plus petit. Il était beaucoup plus véloce pour venir sauter dans les derniers mètres. C’est une faute de braquet pour Mark Cavendish. » Une faute technique, plutôt qu’un aveu de faiblesse bien inconcevable au regard du caractère du sprinteur de l’île de Man.

« Quand on tombe lourdement comme Mark, on doit sûrement le payer, estime Dave Brailsford, le manager de Sky. Mais le fait qu’il soit là, au milieu de la bagarre, c’est une bonne chose. Il aurait pu prendre une journée de repos. Mais avec sa mentalité de guerrier, il était là. Chapeau. Il n’était peut-être pas à 100%. Je pense aussi qu’il a commencé son sprint un peu plus loin que d’habitude. Il était dans la roue de Mark Renshaw (Rabobank), qui a perdu le contact avec devant. Mark a eu du travail pour revenir. Mais ce n’est pas la fin du monde. Il n’aime pas être battu. Il revient plus fort dans des situations comme celle-ci. » Sa revanche était attendue pour ce jeudi. A l’intérieur, le Cav’ doit bouillir. Gare au « bad boy » à Metz. Et bien sûr, au « gorille de Rostock »…

LP avec GQ