Deschamps, un caractère à double tranchant

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A 43 ans, le technicien basque ouvre un nouveau chapitre de sa carrière à la tête de l’équipe de France. Unanimement reconnu comme un meneur d’hommes, Didier Deschamps provoque parfois des étincelles. Et avec les Bleus ?

Didier Deschamps

Didier Deschamps

Les Bleus vont vite remarquer la différence. Si Laurent Blanc était un taiseux, Didier Deschamps, lui, aime parler. Commander. Depuis qu’il tape dans un ballon, le Basque s’est davantage affirmé grâce à ses mots qu’à ses petits ponts. Voilà pourquoi « DD » est vite devenu un capitaine respecté avant d’être un entraîneur intransigeant. « Sur le terrain, lorsqu’il jouait, il prenait la direction du jeu alors qu’il ne possédait pas des qualités exceptionnelles sur le plan technique, se souvient Robert Budzynski, ex-directeur sportif du FC Nantes, où Deschamps a été formé. Il prenait le commandement grâce à ses paroles. Il était capable de faire bouger son équipe, de l’orienter comme il le fallait et d’une manière extrêmement intelligente. On s’est dit qu’on avait un chef en devenir. »

Entraîneur né, celui qui a porté 52 fois le brassard de l’équipe de France (pour 103 sélections) a désormais les clés de la sélection nationale. Changera-t-il avec la fonction ? Difficile à dire.  Une chose est sûre, le choix des joueurs lui appartiendra. La cohésion de groupe qui en découle aussi. Une tâche à moitié réussie par Laurent Blanc. « Didier Deschamps est très attaché à l’ambiance qui règne dans un groupe, remarque Jérôme Rothen, qui a évolué sous ses ordres à Monaco. Il ne veut pas de clans. Mais que les mecs aient du caractère n’est pas un problème. Lui en avait aussi. »

Et selon le Bastiais, « Didier Deschamps est capable de redonner une cote de popularité à l’équipe de France. Il est apprécié et respecté. Il a beaucoup de bonnes idées pour remettre l’équipe de France sur de bons rails. Il sera capable de gommer les erreurs qui ont été commises. » L’expérience acquise par le technicien basque en Principauté, avec la Juventus et lors de trois saisons contrastées à l’OM devrait l’aider chez les Bleus. A Marseille, dans un contexte parfois difficile, il a su tenir tant bien que mal son groupe. Et ce en dépit de quelques accrochages mémorables.

Clashs en série à l’OM

Hatem Ben Arfa, Mathieu Valbuena, André-Pierre Gignac, sans parler de José Anigo, tous ont eu un jour ou l’autre un vif accrochage avec Deschamps. L’autorité et le caractère du nouveau sélectionneur font parfois des étincelles.  « Il a un caractère entier, souligne Jean-Claude Dassier, président olympien entre 2009 et 2011. Il a parfois quelques difficultés dans les relations avec certaines personnes mais qui n’a pas de défaut ? J’espère qu’il va savoir corriger ce côté difficile qu’il a parfois dans les relations qu’il peut avoir avec les responsables des clubs dans lesquels il a travaillé. »

S’il peut avoir des conflits en coulisses, Deschamps s’avère un habile communiquant, rarement pris en défaut face aux médias. Un bon point pour les Bleus. Enfin et surtout, il dispose d’un palmarès qui plaide largement en sa faveur, avec entre autres le premier titre de champion de France de l’OM après 17 ans de disettte. Jérôme Rothen note d’ailleurs que « Deschamps a plus d’expérience que Laurent Blanc comme entraîneur de club ». « Il a amené ses clubs à un certain niveau en Coupe d’Europe », ajoute le gaucher en pensant notamment à la finale de la Ligue des champions 2004. Mais la Coupe du monde, ce sera une autre histoire.

Aurélien Brossier avec GP et CGa