Le temps, c’est du vent

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Pour gagner de précieuses secondes lors du premier contre-la-montre du Tour de France, ce lundi entre Arc-et-Senans et Besançon, les équipes du peloton se sont préparées en soufflerie. Pour optimiser les positions aérodynamiques.

Sylvain Chavanel

Sylvain Chavanel

Le peloton du Tour de France va disputer ce lundi le premier des deux contre-la-montre de l’édition 2012, entre Arc-et-Senans et Besançon. Dans cet exercice qui allie autant la technique que le physique, il y a les vrais spécialistes et ceux que l’effort individuel rebute. Pour ces derniers, le chrono final importe peu. Pour les tauliers, la chasse aux secondes est le but. Depuis de longs mois, les équipes se sont préparées en amont en analysant le parcours mais aussi en effectuant des tests techniques très poussés en soufflerie. « La résistance à l’air est la première force qu’il faut combattre, explique Vincent Lavenu, directeur sportif d’AG2R. Ça passe par un bon positionnement. Il faut que ce soit compatible avec la puissance développée par le coureur. »

Si la technique et le positionnement jouent pour beaucoup, les prédispositions physiques rentrent largement en compte. « Il y a, c’est vrai, beaucoup de travail derrière, reconnait Jimmy Engoulvent, coureur de la Saur-Sojasun. Mais au départ, des coureurs ont des qualités bien spéciales comme Wiggins qui est physiquement au top pour ça. » L’actuel leader du classement général, ancien pistard, jouera d’ailleurs une grande partie de son avenir en jaune, ce lundi. Bien loin devant la formation AG2R, notamment, qui ne compte pas de grands spécialistes dans ses rangs. L’équipe française ne néglige pas pour autant l’exercice en faisant appel à une société basée sur le circuit de Magny-Cours pour gagner de précieuses secondes.

Engoulvent : « Les Anglo-Saxons ont un temps d’avance »

« On a travaillé sur Jean-Christophe Péraud, Nicolas Roche, Maxime Bouet et Christophe Riblon, détaille Lavenu. Leurs positions n’étaient pas loin du compte. Nicolas Roche a beaucoup corrigé et devrait bénéficier du gain de temps le plus important. Sur un chrono, on peut gagner entre 30 secondes et 1’30’’. C’est la théorie car l’impact est difficile à mesurer. » Et les résultats souvent différents en condition de course. Il faut dire aussi que la lutte contre le temps n’est pas à la mode en France. « Il faut aussi regarder ce que les adversaires font, notamment les Anglo-Saxons qui ont un temps d’avance sur nous à ce niveau », estime Engoulvent.

Sylvain Chavanel, quadruple champion de France du contre-la-montre, n’a pour sa part pas suivi de préparation poussée, cette saison. « On a travaillé la position avec Specialized (fournisseur de cycles, ndlr) parce qu’ils ont l’habitude de poser les coureurs sur leur vélo. La soufflerie, j’en ai fait chez Cofidis mais pas depuis. Je roule à la maison, je fais une heure de chrono deux fois par semaine. » Jérôme Coppel (Saur-Sojasun), lui, s’y est davantage attelé : « J’ai fait beaucoup de vélo de chrono et de musculation en salle. Il faut peaufiner les détails pour progresser dans des disciplines pareilles. Je vais essayer de reprendre du temps sur certains grimpeurs… si les sensations sont là. » Car l’art du placement et la science des trajectoires ne payent que si les jambes et la tête suivent.

Nicolas Couet avec GQ, PYL, RP