Sanquer : « Une trahison pour l’équipe »

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Manager de Cofidis, Yvon Sanquer ne cache pas son indignation alors que son coureur Rémy Di Grégorio est en garde à vue pour une affaire présumée de dopage. Il évoque un acte « isolé » et promet des sanctions fermes si les faits sont avérés.

Yvon Sanquer

Yvon Sanquer

Yvon, quel est votre sentiment quelques heures après la mise en garde de Rémy Di Grégorio ?

Même si on sait qu’il peut encore y avoir des gens qui s’égarent dans le vélo aujourd’hui, ça fait toujours mal au cœur. C’est du gâchis pour le coureur. C’est une trahison pour l’équipe, pour le partenaire, qui vient de se réengager il y a un mois. C’est un mélange de stupeur, de colère et d’incompréhension.

Comment s’est déroulée l’interpellation ce mardi matin ?

Le gens de l’Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique) ont interpellé ce matin Rémy Di Grégorio à l’hôtel, de manière tout à fait confidentielle. Ils ont récupéré quelques affaires. Ils suivaient les agissements de Rémy depuis pas mal de temps. Ça n’est pas arrivé comme ça. On ne s’en est même pas aperçu et ses coéquipiers non plus. Dans un deuxième temps, ils m’ont prévenu. Il n’y a que Rémy Di Grégorio qui a été entendu et placé garde à vue. A priori, seule sa chambre a été perquisitionnée.

Est-il d’ores-et-déjà sanctionné ?

Aujourd’hui, on a un coureur en garde à vue, suspendu à titre conservatoire. Si les faits sont avérés, il sera licencié de l’équipe. Il n’y aura pas de demi-mesure. Aujourd’hui, on n’a pas le droit de commettre d’erreur de ce type.

« Il y a eu des larmes »

Avez-vous pensé à retirer l’équipe de la course ?

Une décision a été prise allant dans le sens de poursuivre la course. Les coureurs ne méritent pas d’être pénalisés par les agissements d’un individu. Le Tour, c’est énorme pour les coureurs. On a quatre coureurs néophytes sur le Tour cette année. Ils ont vécu cette annonce de manière douloureuse. Quand je leur ai expliqué, il y a eu des larmes. C’est fou ce que ça représente pour un coureur de se retrouver dans cette situation. L’envie, c’est de continuer avec eux sur le Tour. De relever le défi. La question d’arrêter ne s’est pas posée de manière très prégnante.

L’organisateur du Tour, ASO, vous a-t-il demandé le faire ?

J’ai mis ASO au courant dès ce matin, après avoir prévenu le partenaire. Ça parait être la priorité. On est sur le Tour. C’est le respect qu’on doit aux organisateurs, aux gens qui créent les évènements. On est toujours navré quand survient un évènement de la sorte. Ils ne nous ont pas demandé de quitter le Tour.   

Quelle a été la réaction du sponsor Cofidis ?

J’ai échangé longuement toute la matinée avec les responsables de Cofidis. Ils m’ont assuré de leur soutien et leur volonté d’accompagner l’équipe dans un moment difficile. Ils font confiance à l’équipe pour relever la tête.

Il s’agit donc bien d’un acte isolé au sein de l’équipe…

Il y a un coureur qui s’est égaré, a priori. C’est une démarche individuelle fort regrettable. Ça touche toute une équipe. Ce n’est jamais facile à vivre. Ça ne remet pas en cause la volonté de garder une ligne éthique, et puis aussi la volonté de continuer sur ce Tour de France, avec le partenaire, dans de bonnes conditions. 

Propos recueillis par nos envoyés spéciaux