Batum : « L’envie était trop forte »

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De sa propre initiative, Nicolas Batum a décidé de jouer quelques minutes ce dimanche contre l’Espagne (70-75) alors qu’il ne s’est pas encore officiellement engagé avec sa future franchise NBA. Un risque financier monstrueux.


Nicolas, vous avez renoué avec la compétition. Quel est votre sentiment ?

Ça fait du bien mais c’est dommage et frustrant de perdre. On pouvait largement gagner. C’était un bon match. Il y avait de l’action. Un peu de bagarre aussi. C’est bien, cela offre un peu de spectacle. Il y a eu des bonnes et des mauvaises choses. On n’a que cinq balles perdues. On réduit le pourcentage de tir des Espagnols à 40%. En revanche, on est à 4 sur 23 aux tirs à trois points. Et on s’est fait dominer aux rebonds. On doit se perfectionner dans ce secteur. On n’est pas loin. De toute façon, ce n’était pas le bon moment pour les battre. Le bon moment, ce sera plus tard, si on doit à nouveau les affronter.

 

A titre personnel, vous avez renoué avec la compétition…

Oui, ça m’a fait du bien de lâcher un peu les chevaux. J’en avais plein les jambes. Ils (les membres du staff de l’équipe de France) m’ont supplié d’y aller doucement. Je n’avais aucune intention d’y aller soft. Je devais en profiter à fond. Je ne jouais que cinq minutes. J’ai beaucoup apprécié d’être là. Le public a été extraordinaire. Tout le monde a répondu présent. Même si on a perdu, c’était un bon moment à vivre.

 

A quel moment avez-vous décidé de prendre le risque de jouer alors que vous n’êtes pas encore assuré ?


A trois-quarts d’heure du match. C'était un gros risque et j’en étais conscient. Mais l'envie était trop forte. Je suis allé voir Vincent (Collet, le sélectionneur) et Patrick Beesley (le direct sportif). Je leur ai dit : « Je ne peux pas rester sur le banc. » Ce match lance un peu ma préparation. Mais ils avaient tous peur. Patrick m'a dit non. Je lui ai répondu : « Je m’en fous de tes « non » ! Je veux juste un « oui » ». Cela s’est bien passé. Quand je suis sorti, Vincent et Patrick étaient soulagés. Avant le match je suis allé voir ma maman. Elle m’a regardé avec des grands yeux et m’a dit : « Tu fais quoi ? » Je lui ai dit de ne pas s'inquiéter. Je lui ai fait un bisou pour la rassurer. Elle ne l’était pas du tout mais ça s’est bien passé…

 

Propos recueillis par François Giuseppi