Sanchez en fin stratège

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Luis Leon Sanchez a remporté en solitaire la 14e étape du Tour de France, ce dimanche à Foix, la quatrième de sa carrière sur la Grande Boucle. Sa science de la course a pris le dessus sur le talent de Peter Sagan.

Luis Leon Sanchez

Luis Leon Sanchez

Cette fois, il n’a pas eu à se plaindre de Bradley Wiggins. Après son attaque rendue infructueuse par l’accélération le maillot jaune samedi dans le final de la 13e étape, Luis Leon Sanchez a remporté la 14e étape, ce dimanche à Foix. Sa quatrième personnelle sur le Tour de France après celles de 2008, 2009 et 2011. Et l’une des plus belles. Echappé en compagnie de dix autres coureurs dès l’ascension du col du Portel (2e catégorie), l’Espagnol a bénéficié de l’apathie d’un peloton au ralenti pour se faufiler dans la bonne échappée qui a rapidement compté un écart conséquent. Il a suivi, pris les relais et serré les dents avant de passer à l’attaque à douze kilomètres de l’arrivée. Une flèche parfaitement lancée dans le dos de Sandy Casar, Gorka Izaguirre, Philippe Gilbert et Peter Sagan, maillot vert  et meilleur sprinteur de ce groupe de tête.

C’est déjà à son initiative que le groupe de onze coureurs avait explosé dans la très sinueuse et raide ascension du mur de Péguère (1ère catégorie). Lâché par Casar dans le dernier kilomètre, le quadruple champion d’Espagne du contre-le-montre (2008, 2010, 2011, 2012) est revenu, avec Philippe Gilbert, sur la tête de course dans la descente avant de placer son attaque décisive à l’entrée de Foix. Trop occupée à maitriser Peter Sagan, l’échappée a laissé filer l’Espagnol. « Il a creusé l’écart tout de suite et il a été très fort », a reconnu Sandy Casar.

Sagan sème le trouble

« Sagan a paralysé tout le monde, explique Guimard. Si le groupe était arrivé ensemble, Sagan aurait gagné. Personne n’a donc voulu recoller sous peine de s’exposer à une victoire du Slovaque. Sagan, lui, s’est mis en route trop tard. Peut-être craignait-il aussi une nouvelle contre-attaque s’il parvenait à faire la jonction sur Sanchez. » En dix kilomètres, le natif de Mula (Murcie) a fait le trou en profitant de la confusion derrière.

Une fois assuré de son succès,  Sanchez s’est relevé, s’est signé et a pointé son doigt vers le ciel en mémoire de son frère, Leon Leon, décédé en 2005 dans un accident de quad. « C’est un très beau coureur spécialiste des étapes sur les grands Tours, poursuit Guimard. Il présente la particularité d’être un Espagnol qui court pour une équipe néerlandaise. Il est davantage spécialiste des classiques que des luttes pour les classements généraux dans les grands Tours. » Sa 10e place sur la Grande Boucle en 2010 fait en effet figure d’exception. 58e à 1h15’01’’ de Bradley Wiggins, il ne sera pas un danger pour le Britannique. Mais il a mis en exergue sa formidable science de la course pour encore briller sur la Grande Boucle.

NC