Rolland : « Je n’avais aucune information »

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Alors qu’une trentaine de coureurs étaient victimes de crevaisons, le coureur d’Europcar a suscité la polémique en attaquant dans la descente du mur de Péguère, Le Français se défend d’avoir voulu profiter sciemment de cet incident.

Pierre Rolland

Pierre Rolland

Pierre, pourquoi avez-vous attaqué dans la descente du mur de Péguère ?

J’avais prévu d’attaquer pour reprendre un peu de temps, mais avec un coureur ou deux, par exemple Van den Broeck (Lotto-Belisol), comme l’autre jour. Je l’ai fait. Je voulais attaquer dans la montée mais c’était impossible de passer. Donc je l’ai fait dès les premiers lacets de la descente, mais les Sky sont revenus. Après, j’ai vu un enchaînement de virages donc j’ai réattaqué une deuxième fois. J’ai juste tenté de reprendre du temps et quand j’ai réintégré le peloton, parce qu’il y avait un fort vent et que ça roulait vite derrière, on m’a reproché et demandé pourquoi j’avais attaqué à ce moment-là.

Avez-vous eu à vous expliquer avec les autres coureurs du peloton ?

J’ai dit tout simplement que j’avais envie de reprendre quelques secondes ou quelques minutes au classement général pour rattraper mon retard. Et là, on m’a dit : « Il y a eu des crevaisons, ça ne se fait pas ! » Mais à aucun moment je ne le savais. Je pense être un coureur qui respecte le peloton et ses codes. Et je pense avoir assez de classe pour ne pas avoir besoin d’attaquer quand il y a une trentaine de crevaisons. Je suis vraiment désolé pour ceux qui ont crevé en tout cas.

Votre équipe ne vous a pas informé de la situation par oreillette ?

La voiture était à au moins dix minutes derrière moi, donc je n’avais aucune information. J’ai demandé à plusieurs reprises, même si j’avais de l’avance. Testez une oreillette, mettez-vous à cinq bornes derrière et voyez si ça marche !

Membre de la Dream Team RMC Sport, Cyrille Guimard est revenu sur l’éphémère échappée de Pierre Rolland (Europcar) ce dimanche lors de la 14e étape. Le Français avait pris jusqu’à 2 minutes d’avance sur les leaders, retardés par des crevaisons dues à des jets de clous sur la chaussée, avant d’être repris. « Je me pose une question sur l’attitude de Pierre Rolland qui n’a pas relâché son effort en haut du mur de Péguère. J’ai du mal à imaginer qu’il n’était pas au courant qu’un certain nombre de coureurs venaient de crever, lance Guimard. Car il y a eu au moins une dizaine de crevaisons dans le groupe de tête. En 3 kilomètres, il prend 2 minutes sur le peloton, il aurait dû se douter que quelque chose ne tournait pas rond. Il a dû en prendre conscience plus tard et a été rattrapé par le peloton quelques kilomètres plus loin. »

Propos recueillis par Georges Quirino