Fédrigo revient… plein Pau !

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Victime d’un virus en 2011, le Français de la FDJ a retrouvé tout son mordant ce lundi en remportant la 15e étape du Tour de France à Pau, deux ans après s’y être déjà imposé. Un retour magnifique.

Pierrick Fédrigo

Pierrick Fédrigo

Il courait derrière une victoire depuis deux ans. Pierrick Fédrigo a enfin pris sa revanche après une longue disette causée par la maladie de Lyme. Miné par le « virus du chasseur », aux effets comparables à ceux d’une mononucléose, le Français n’avait jusqu’alors jamais réussi à faire ses preuves au sein de la formation FDJ, rejointe en 2011 en provenance de Bouygues Telecom (aujourd’hui Europcar). Ce grand timide a pris sa revanche en s’offrant une quatrième victoire d’étape personnelle sur le Tour de France, ce lundi à Pau, deux ans après avoir déjà triomphé dans cette ville… théâtre de sa dernière victoire. « Il sort d’un long tunnel, rappelle Cyrille Guimard, membre de la Dream team RMC. C’est bien que ce très beau champion renoue avec la victoire parce qu’il doutait. On le voyait triste. »

A l’approche des Pyrénées qu’il apprécie, et pour cause, le natif de Marmande a fait parler son mental après un début d’étape mouvementé et mené sur un train d’enfer. Au bout de 60 kilomètres de course et de tentatives infructueuses, Fédrigo a flairé le bon coup en accompagnant Thomas Voeckler et quatre autres compagnons (Dumoulin, Vande Velde, Devenyns, Sorensen) dans la grande échappée du jour. « J’avais remarqué qu’il ‘caressait’ les pédales ces derniers jours, remarque encore Guimard. Il attendait son heure, elle est venue aujourd’hui. » Le champion de France 2005 a attendu l’entrée dans Pau pour fausser compagnie à ses anciens comparses avant de régler Christian Vande Velde au sprint. Du travail bien fait et une quatrième victoire d’étape française sur ce Tour 2012.

Pinot : « Fédrigo, c’est un bon mec »

Eclipsé par Thibaut Pinot, son jeune et volubile coéquipier vainqueur de la 10e étape, Fédrigo a prouvé, du haut de ses 33 ans, que la vieille garde était toujours là en apportant une deuxième victoire à sa formation. « C’est un Tour vraiment parfait pour la FDJ, se réjouit Pinot, 10e du général. Pierrick, c’est quelqu’un de cool, tranquille, posé. C’est un bon mec. » Arthur Vichot, autre jeune de l’équipe, s’emballe : « On est super content. Renouer avec la victoire sur le Tour de France pour lui, c’est génial. Le Tour, c’est sa course, c’est ce qu’il aime et ce qui correspond à son profil. C’est un très grand coursier. On avait un bon cheval devant ! »

Au moment d’attaquer dans le final, Fédrigo a oublié sa maladie bactérienne. « A un kilomètre de la ligne d’arrivée, j’ai refait dans ma tête mon sprint d’il y a deux ans et je sentais que c’était pour moi aujourd’hui. » Plutôt à l’aise en montagne, il se muera dès mercredi en coéquipier modèle aux côtés de Pinot dans l’ascension des cols d’Aspin et de Tourmalet. Là où il avait déjà triomphé en 2009 lors de sa deuxième victoire d’étapes sur le Tour. De là à envisager un doublé…

Gérard Guillaume, médecin de l’équipe FDJ-Big Mat, a décelé la maladie de Lyme chez Pierrick Fédrigo après de longs mois de diagnostics infructueux. « C’est une maladie contractée par des morsures de tiques qui transmettent un virus qu’on appelle la Borrelia. On l’attrape souvent dans les campagnes. Comme c’est un chasseur, je pense qui l’a contractée comme ça, explique-t-il. C’est une maladie qui épuise et qui se traduit par une fatigue intense. Quand on a fait un bilan complet, on a trouvé l’explication de cette fatigue. Il a fallu le traiter en le mettant sous antibiotique pendant un mois. Il a progressivement refait surface. »

Nicolas Couet avec GQ et PYL à Pau