Voeckler : « Pas de paranoïa à faire »

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Troisième de la 15e étape, ce lundi à Pau, le coureur d’Europcar est un peu amer de ne pas avoir pu suivre le vainqueur du jour Pierrick Fédrigo. Malgré tout, il ne veut pas croire à une coalition pour le faire perdre.

Thomas Voeckler

Thomas Voeckler

Thomas, étiez-vous seul contre tous dans cette échappée ?

Non, il ne faut pas dire ça, ça fait le coureur qui s’enflamme. On était six devant, dont trois coureurs français. Peut-être que j’étais un peu plus surveillé que les autres du fait de ma première victoire d’étape (10e étape, ndlr). Mais il n’y a pas de paranoïa à faire. C’était tactique. J’ai attaqué plusieurs fois, et quand Pierrick (Fédrigo) a attaqué, il avait vraiment de la force. On a essayé de revenir mais je n’allais pas me sortir les tripes pour faire gagner un autre. En aucun cas je n’ai favorisé la victoire de Pierrick, il a été la chercher tout seul, mais il est clair que j’avais des bonnes jambes et qu’on ne m’a pas laissé partir. J’aurais préféré gagner, il faut être honnête. Mais si on me demande, je préfère que ce soit un Français qui ait gagné, en plus un ancien coéquipier avec qui je m’entends bien. Il le mérite. Depuis deux ou trois jours dans le peloton, on voyait qu’il avait de la force.

La journée a-t-elle été difficile ?

Avec la bagarre qu’il y a eu en début d’étape, c’était difficile pour sprinteur de gagner. Chez nous, on a eu deux abandons avec Giovanni (Bernaudeau) et Vincent (Jérôme), donc ça noircit vraiment le tableau de la journée. J’aurais gagné, ça aurait compensé, mais il faut reconnaître qu’à la veille de la journée de repos, c’est chiant. On était encore neuf et on se retrouve à sept. Avec ce début de course, ça ne pardonne pas.

Avez-vous des regrets par rapport au déroulement de cette 15e étape ?

J’avais espoir qu’on reste groupés le plus loin possible, alors que je ne suis pas le plus rapide. Je me doutais que j’aurais les trois étrangers sur le dos. Non pas qu’il y ait une coalition, mais ils n’avaient pas trop envie que je m’en aille. Je n’ai pas tellement de regrets car ça s’est passé comme je le craignais. Même si j’aurais aimé disputer la victoire, cela aurait été une bonne surprise que je le fasse. Je n’aime pas arriver échappé et ne pas la disputer. J’ai tenu à gagner le sprint pour la troisième place, comme ça je suis tranquille dans ma tête.

Avec quatre victoires d’étape, le cyclisme français se porte bien.

Il y a deux ans, le premier Français était John Gadret (18e), on avait Anthony Charteau maillot à pois et six victoires d’étape. En 2009, ce n’était pas mal non plus. Ça fait quelques années que ça va pour les Français. Au général, on a toujours du mal, mais l’année dernière on a fait quatrième et dixième. On n’a pas les résultats de Bernard Hinault ou Laurent Jalabert, mais je pense qu’on fait quand même plaisir au public.

Propos recueillis par Georges Quirino