Bourgoin agonise

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C’est l’histoire d’un ancien pensionnaire du Top 14, fringant et formateur (Chabal, Papé, Nallet…), qui n’en finit plus de dégringoler. Joueurs en grève, supporters en colère, l’avenir du CSBJ se joue ce mardi devant la justice.

Le stade Pierre-Rajon

Le stade Pierre-Rajon

Images surréalistes au Stade Pierre-Rajon ce lundi midi : des pneus qui brûlent et se consument dans une épaisse fumée noire, des banderoles qui parlent de la mort d’un club déployées devant l’entrée du stade, des joueurs bafoués qui s’insurgent contre une direction qui les lâchés, des supporters qui parlent d’injustice… Le Club Sportif Bourgoin-Jallieu se dirige vers la relégation économique. 

Triste paradoxe pour l’une des équipes qui, il y a seulement 15 ans, s’affichait encore comme l’un des clubs incontournables de l’ovalie. Finaliste du championnat en 1999, demi-finaliste du Top 16 en 2004 et 2005, pourvoyeur de premier ordre de l’équipe de France, Bourgoin s’appuyait sur des cadres comme Bonnaire, Milloud, Papé, Nallet, Chabal. Dans les équipes de jeunes, le talent était aussi là : Parra, Fritz, David…

Une décennie plus tard, le CSBJ est en passe de connaître une petite mort : une relégation en fédérale 1, en attendant peut-être pire. Car le spectre de la liquidation judiciaire est là, planant au-dessus du club isérois. Ce mardi, le tribunal de commerce de Vienne (Isère) se prononcera quant à la possibilité pour le club de poursuivre l’aventure professionnelle, ou de mettre fin à la vie d’un club qui mobilise toute la « Berjallie ».

Simon (Provale) : « Absolument catastrophique »

Serge Simon, président de Provale, le syndicat des joueurs, dénonce : « Les dirigeants entretiennent une espèce d’espoir de plus en plus dérisoire, voire suicidaire, avec 30 mecs qui sont aujourd’hui paniqués… Les dirigeants maintiennent que tout va bien, mais voilà une situation catastrophique pour les joueurs qui se retrouvent à la mi-juillet sans savoir si les contrats qu’ils ont signés sont valables, s’ils vont être payés, si le club va être en liquidation judiciaire. C’est absolument catastrophique. »

Stéphanie, supportrice présente ce lundi dans l’enceinte du stade, nous décrit, elle, une équipe qui veut mobiliser la ville : «Les joueurs font passer le message pour que tous les gens qui aiment Bourgoin se retrouvent dans la soirée à Pierre-Rajon. Albin Louchard, Walter Argoud, Bogdan Leonte, Jerémy Guillot : tous sont là pour essayer de faire venir les gens. »  

Une mobilisation pour faire pression sur la direction, accusée par les joueurs d’avoir menti toute la saison sur la solvabilité du club. Et si la réunion de ce jour entre les joueurs et le président fait figure de dernière chance, l’espoir est si maigre que déjà, une partie des joueurs se serait fait une raison. L’avenir professionnel de Bourgoin ne tient plus qu’à un fil, bien mince. 

Le 12 mai : Bourgoin se maintient sportivement en Pro D2 en terminant 9ème, mais doit comparaitre devant la DNACG (Direction Nationale d'Aide et de Contrôle de Gestion) suite à un déficit non comblé d'1,4 million d'euros.

Le 24 mai : Bourgoin-Jallieu est relégué en Fédérale 1 pour raison économique. Le CSBJ fait appel de cette décision devant la Commission d’appel de la FFR.

Le 26 juin : La Commission d'appel de la Fédération Française de Rugby maintient la décision de la DNACG. Le CSBJ use d’un de ses derniers recours en sollicitant une médiation au CNOSF (Comité national olympique et sportif français). Provale, le syndicat des joueurs, assure soutenir Bourgoin-Jallieu.

Le 13 juillet : Le CNOSF refuse la médiation et prononce la relégation économique du CSBJ en Fédérale 1.

Le 16 juillet : Grève des joueurs et réunion de la dernière chance avec les dirigeants.

Le 17 juillet : Deuxième passage du CSBJ devant le tribunal de commerce de Vienne afin de juger de la cessation de paiement ou pas.

Pierre Ammiche