Italie-France : la métamorphose de la Squadra Azzurra

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Autrefois réputée pour son jeu défensif cadenassé, l’Italie est désormais une nation joueuse, qui s’est réinventée en s’appuyant notamment sur vivier issu de l’immigration. Sous la houlette de Cesare Prandelli, la greffe prend à merveille.

Cesare Prandelli et Marco Balotelli

Cesare Prandelli et Marco Balotelli

Italie-France a beau être un classique, l’affiche de mercredi, à Parme (20h50), pourrait avoir une tout autre allure que dans un passé plus ou moins proche. La faute à une Squadra Azzurra newlook qui a sérieusement secoué le cliché du "jeu à l’italienne". Au placard, le catenaccio d’une sélection à la tactique froide et implacable. L’Italie est désormais une nation joueuse et portée vers l’avant.

Une métamorphose qui s’explique aussi bien par les préceptes de Cesare Prandelli que par le nouvel ADN de cette équipe en pleine mutation, qui épouse l’évolution de la société italienne. L’arrivée massive d’immigrants en Italie est un phénomène récent, amorcé dans les années 70. La génération des joueurs dits "intégrés" (nés de parents étrangers mais Italiens par le droit du sol) fait donc tout juste son apparition en équipe nationale, à l’image de Mario Balotelli (Manchester City), Ghanéen d’origine, ou d’Angelo Ogbonna (Torino), né à Cassino de parents nigériens.

Les mentalités évoluent

Ces "intégrés" s’ajoutent aux Oriundi, joueurs non italiens et nés hors d’Italie qui ont finalement pu obtenir leur passeport par leurs origines familiales, comme les Amauri (Parme, Brésil), Ledesma (Lazio, Argentine), Thiago Motta (PSG, Brésil), Osvaldo (Roma, Argentine), Rossi (Villareal, Etats-Unis). Ajoutez à cela le Pharaon Stephan El Shaarawi (Milan), né d’un père italien et d’une mère égyptienne, et voilà une Squadra plus métissée que jamais.

Et si des voix s’étaient élevées pour dénoncer la présence massive de ces joueurs au détriment des Italiens "de souche", Prandelli a balayé la polémique d’une main de fer, affirmant s’attacher uniquement à sélectionner les meilleurs joueurs possibles. Ses valeurs, son discours et ses excellents résultats à la tête de l’équipe, associés à une certaine évolution des mentalités en Italie ont fait le reste. Le débat est déjà loin et cette Italie haute en couleurs s’en porte à merveille.

Alexis Toledano avec Thierry Mengo