Gabart : « Ça commence à sentir l’écurie »

2 opinions
- +

Invité du Moscato Show, François Gabart a fait le point sur une course qu’il mène, juste devant Armel Le Cléac’h (Banque Populaire). Le skipper de MACIF livre aussi son sentiment sur l’affaire Bernard Stamm.

François Gabart

François Gabart

François, comment allez-vous ?

Plutôt pas mal, je suis content d’être en tête du Vendée Globe, évidemment. Je reste concentré car la route est encore longue. En ce moment, on a du vent assez fort, 40-45 nœuds pendant quelques heures ce matin. Là, ça a un peu molli mais il y a toujours 30-35 nœuds (environ 80km/h). En France, dès qu’il y a des coups de vent de 80 km/h, on en parle à la télé.

Qu’est-ce qui vous manque le plus ?

Evidemment, la famille, les amis, les proches, ça fait pas mal de temps que je ne les ai pas vus. Ça me ferait plaisir de parler un peu avec eux. Et le confort de la vie terrestre parce qu’on est sur notre bateau en mode camping. On bouge dans tous les sens. Une petite télévision ou un canapé, ça ne ferait pas de mal (rires).

Est-ce que le mano a mano avec Armel le Cléac’h change quelque chose pour vous ? Est-ce plus fatiguant nerveusement par exemple ?

Ça apporte des informations supplémentaires qui nous permettent d’aller plus vite parce qu’on sait quand on fait des erreurs, on le voit tout de suite. Forcément, c’est plus exigeant mais ça nous fait aller de l’avant et aller plus vite donc c’est positif. Je pense que ça changerait d’être plus nombreux sur le bateau plutôt que tout seul, où on est moins dans le détail.

Le retour est proche, vous commencez à attaquer la dernière partie…

C’est vrai, on arrive vers la fin. Il reste encore beaucoup mais on est dans la dernière partie. On a passé le Cap Horn, les mers du Sud sont derrière nous. Ça commence à sentir l’écurie même si elle n’est pas encore là, il y a encore du chemin.

C’était aussi une première pour vous de passer l’Antarctique par les mers du Sud. Qu’en retenez-vous ?

J’en retiens beaucoup de choses, c’est ce qui est chouette sur ce type de course. Des navigations musclées et rapides avec du vent, de la mer. Ça allait vite, par moments c’était compliqué, par moments je me suis régalé. En tout cas, c’était une belle navigation dans le Sud, ça continue encore aujourd’hui, et j’espère que ça continuera comme ça jusqu’à l’arrivée.

Que pensez-vous de l’affaire autour de Bernard Stamm ?

Je prends un peu de recul sur ce sujet. C’est difficile et dur, la décision est dure à avaler. Je n’ai pas les informations du jour, mais j’espère que Bernard ira jusqu’au bout en étant « cassé ». Après ce que je dis, et je le pense vraiment, c’est que pour lui le plus important est d’arriver aux Sables d’Olonne avec un bateau en bon état et je pense qu’il a tout fait pour ça. J’espère qu’il y aura beaucoup de monde pour l’accueillir aux Sables. Si je suis déjà arrivé, c’est sûr que j’irai le voir. Ça remplace tous les classements ou toutes les décisions de jury. Il y a des choses plus importantes et l’arrivée de Bernard aux Sables, avec son bateau en bon état, remplacera tout.

Moscato Show