Top 14 - Toulon : Bernard ouvre la porte

1 opinion
- +

Toulon accueille le Racing ce dimanche (21h), avec la ferme intention de conforter son leadership. Avant ce choc de la 15e journée de Top 14, Bernard Laporte a ouvert les portes de son centre d’entraînement à RMC Sport.

Bernard Laporte

Bernard Laporte

« Les œufs de Sabine, notre cuisinière, c’est mon rituel quand j’arrive ici ». Il est 8 heures. Bernard Laporte débute sa journée au centre d’entraînement de Berg, dans la salle de vie, aux côtés de ses joueurs qui prennent des forces avant la copieuse séance de musculation qui les attend. Matt Giteau engloutit un petit-déj typiquement british, Delon Armitage joue les clowns de service, pendant que Sébastien Tillous-Borde et Maxime Mermoz régalent au baby-foot. Tout se prépare dans cette pièce d’échange et de partage, habituellement fermée aux médias, où trône une réplique du Bouclier de Brennus, histoire de ne pas trop perdre de vue les objectifs. A 9 heures, les choses sérieuses commencent.

Les joueurs débutent leur préparation physique en salle, un CD de Rihanna dans la chaîne. De leur côté, Bernard Laporte et son staff se retrouvent dans son bureau, un petit pré-fabriqué sans fioriture, prêts à décortiquer leurs ordinateurs, pleins à craquer de données et statistiques sur leurs troupes. Une fois la séance de muscu achevée, les Toulonnais ont le choix : cours de Français, atelier rugby, sieste… alors que le coach enchaîne les réunions, avec son staff technique ou son président, Mourad Boudjellal. « J'ai rendez-vous avec Mourad pour évoquer les transferts. Cette fois, vous ne pourrez pas venir avec moi », s'excuse presque le natif de Rodez. L’heure du déjeuner arrive et les joueurs ont quartier libre, jusqu’à la deuxième séance de 16h30. Seul Jonny Wilkinson reste, enchaînant les pénalités avec une totale concentration.

« Toulon, c’est Toulon »

Plutôt discret lors de la séance matinale, Laporte retrouve toute sa verve lors de l’opposition de l’après-midi. Il commence par distiller ses consignes, face à ses joueurs qui l’écoutent religieusement, en cercle autour de lui. Puis, sur le bord du terrain, il court. Gesticule, harangue, encourage... N’hésitant pas à stopper les actions si un détail lui a déplu, sous le regard amusé de Tom Whitford, le manager du RCT : « Vous allez voir… S'il y a une gueulante, ce sera un grand moment ». Pas de gueulante ce jour-là. Mais l’enthousiasme du technicien varois laisse effectivement deviner de sacrées colères dans les mauvais jours.  Son tempérament lui a d’ailleurs assuré une belle cote de popularité auprès des supporters, à en croire le témoignage des quelques curieux présents ce jour-là. Avec lesquels l’entraîneur échange volontiers.

 « Il extériorise beaucoup ses sentiments, explique l’un d’entre eux. Il crie, il bouge. En plus, il est très accessible. Il correspond tout à fait à la mentalité toulonnaise. Quand il est arrivé, on n’était pas forcément pour, mais maintenant on est sûrs que c’est un bon choix. Et on le sera encore plus quand il nous aura ramené le Brennus. » Ancien Parisien, ancien secrétaire d’Etat, Laporte a su rallier les sceptiques à sa cause, en prouvant que le costume rouge et noir lui va comme un gant. « Toulon, c’est Toulon, résume-t-il. Le rugby ici, c’est une religion, comme le foot à Marseille. Vous voyez, il y a toujours des supporters qui sont là. On se sent soutenus, c’est agréable. » La nuit est tombée et la séance s’achève. Le staff débriefe. Jonny botte, réglé comme du papier à musique. Symbole de ce RCT et de ses petites habitudes qui, à en juger par le classement du Top 14, lui réussissent plutôt bien.

Alexis Toledano, avec Florent Germain