Gabart prend le large

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Le Vendée Globe s’est comme souvent emballé après le passage du Cap Horn. A l’entrée de l’Atlantique, Gabart creuse son avance sur son dauphin Le Cleac’h. Mais la course n’est pas encore jouée et la stratégie prend désormais toute son...

Deuxième, Armel Le Cleac’h ne lachera rien

Deuxième, Armel Le Cleac’h ne lachera rien

« Ce qui est compliqué avec l’Atlantique, c’est que mentalement, quand on a passé le Cap Horn, on a l’impression d’avoir fait le plus dur. Mais ils sont en train de se rendre compte que le plus dur n’est pas passé : la pression du résultat et de la course sont en train de jouer maintenant. Ça met les coureurs à rude épreuve. Et ils sont de nouveau dans des conditions difficiles et ils ont au ventre l’angoisse de casser ». Thomas Coville, le célèbre navigateur français est clair : la course n’est pas encore jouée, surtout dans les têtes des skippers. Et pourtant…

Pourtant, irrésistiblement, François Gabbart, le skipper de Macif, se détache. Il y seulement 48 heures, Gabart comptait moins de 40 miles nautiques (74km) d’avance sur son dauphin Armel Le Cleac’h, sur Banque Populaire. Gabart compte aujourd’hui près de 103 miles d’avance (190km). Une distance respectable qui sépare les deux hommes et qui croit d’heures en heures.

Une stratégie qui ménage le suspense

Mais croire que le Vendée Globe est joué serait une erreur. Les deux skippers ont décidé d’opter pour deux trajectoires très différentes, et ces stratégies opposées des deux skippers offrent bien des alternatives.

 « L’information majeure, c’est le décalage vers l’est de François (Gabart) et à l’ouest pour Armel (Le Cleac’h), souligne Denis Horeau, le directeur du Vendée Globe. Ça peut donner à l’approche du Pot au noir un certain avantage.  Mais ce mano à mano va durer encore longtemps, et tant que les deux bateaux ne seront pas alignés l’un derrière l’autre, le jeu sera ouvert ».

A l’image du Vendée Globe 2005, où Vincent Rioux avait arraché la victoire dans la remontée de l’Atlantique devant Jean Le Cam, c’est donc une course où tout est encore possible. Un suspense relatif mais authentique, qui devrait durer jusqu’au passage de l’Equateur et son fameux Pot au noir. Un sprint qui pourrait connaitre encore des rebondissements alors qu’il reste presque 30 jours de mer à affronter.

Pierre Ammiche avec JR