Italie-France : les Bleus perdent encore la face

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Dominée par des Italiens impeccables dans tous les compartiments du jeu, la France s’incline d’entrée dans ce Tournoi des VI Nations (23-18). Comme il y a deux ans, les Bleus chutent à Rome et voient déjà leur rêve de Grand Chelem s’envoler.

Thierry Dusautoir

Thierry Dusautoir

Il y a deux ans, la défaite romaine était historique. Celle-ci prendrait presque des airs de mauvaise habitude. Au Stade Olympique, les Français voulaient gagner. Pour laver l’affront. Pour prolonger l’excellente dynamique automnale et rentrer du bon pied dans ce Tournoi 2013. La mission est un total fiasco. Au bout du compte, une nouvelle défaite, amplement méritée. Le rêve de Grand Chelem s’envole et les fantômes de 2011 sont tout sauf exorcisés. Les Bleus, en rodage après une petite semaine de préparation, n’avaient tout simplement pas les armes pour lutter contre ces Italiens-là. « Aujourd’hui on ne peut plus considérer l’Italie comme une petite nation du rugby, ça c’est évident », constatera Patrice Lagisquet, sélectionneur adjoint, après la rencontre.

Cinq minutes ont suffi pour donner le ton. Sergio Parisse est à la conclusion d’un contre de 80 mètres magnifiquement orchestré par Orquera (7-0, 5e), confirmant les propos d’avant-match de Pascal Papé : « l’Italie est bien plus forte qu’il y a deux ans ». Le capitaine français ne croyait sans doute pas si bien dire. Joueuse et disciplinée, la Squadra Azzurra confisque le ballon, privant les Tricolores de munitions. La patte de Jacques Brunel a fait le plus grand bien à cette équipe qui, avec huit joueurs de Trévise alignés, possède des automatismes dont la France manque cruellement.

Picamoles : « On ne va pas tomber dans la sinistrose »

Maladroits en touche, les mains savonneuses (que d’en-avant), les Bleus ont eu toutes les peines du monde à s’extirper du casse-tête proposé par cette équipe d’Italie qui a bien grandi. A chaque fois que l’on croit la France lancée, les locaux en rajoutent une couche. Ni l’essai en force de Picamoles (7-5, 12e), ni celui de Fall, après un excellent travail de Fritz, permettant aux Bleus de virer en tête pour la première fois du match (13-15, 34e), ne les assomment. Même menés de cinq points après une nouvelle pénalité de Michalak, l’Italie ne déroge pas à sa ligne de conduite. 

Un essai de Castro par-ci (20-18, 57e), un drop de Burton par-là (23-18, 68e) et les Azurri se détachent. Le bulldozer tricolore était visiblement en panne. Dépassés aussi sur le plan physique, les hommes de Saint-André ne parviendront pas à inverser la tendance, malgré deux mêlées de la dernière chance en supériorité numérique dans les 22 adverses, en toute fin de rencontre. Comme il y a deux ans, les Bleus perdent la face. Cette fois, on ne parlera pas d’exploit. Mais bien de logique, au vu de la physionomie du match.

C’est encore plus triste, même si les Français préfèrent relativiser. « On ne va pas tomber dans la sinistrose, assure Louis Picamoles. On va chercher à analyser pour rebondir le plus rapidement possible. Les Italiens, ce soir, n’ont rien volé du tout. Il faut savoir perdre. On va tirer les enseignements pour que ça se reproduise le moins possible. On va tacher d’évacuer tout ça et de bien préparer ce qui nous attend samedi. » Le pays de Galles, au Stade de France. Revanchard après sa défaite à la maison contre l'Irlande (22-30).

Alexis Toledano avec LD et PTa