Italie-France : le complexe d’infériorité…

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Contrairement à 2011, la défaite de l’équipe de France en Italie dans le Tournoi des VI Nations (18-23) semble plutôt bien digérée dans le groupe tricolore. Pour les Bleus, saluer la qualité italienne est préférable.

Yoann Huget

Yoann Huget

« A les écouter, on avait l’impression qu’ils allaient jouer la Nouvelle-Zélande à Auckland ». Pas tendre avec les Bleus après la nouvelle déconvenue romaine, ce dimanche (23-18), Bernard Laporte n’a pas aimé l’attitude défaitiste des joueurs avant même le coup d’envoi. A posteriori, le résultat semble leur donner raison d’avoir eu peur. Mais selon l’ancien sélectionneur, membre de la Dream Team RMC Sport, cette prudence à excès dans leur discours s’est traduite par un manque d’ambition et d’audace dans le jeu qui leur a été fatal.

Comme si, deux ans après le désastre historique du Tournoi 2011, perdre en Italie ne devait plus rien avoir de fondamentalement inquiétant, encore mois de déshonorant. « Aujourd’hui on a fait beaucoup de jeu, on a marqué des essais, mais on est tombé sur une meilleure équipe que nous, analyse Thierry Dusautoir. Les Italiens ont joué un très beau rugby, avec du jeu dans la défense, des passes debout. Ça amène énormément de temps de jeu : 47 minutes de temps de jeu effectif, ça fait partie des plus grands temps de jeu du rugby international. Ça a été un match de haut niveau. »

Picamoles : « Il faut savoir perdre »

Des propos qui ne manqueront pas de titiller un Laporte estimant que « si les Italiens jouent comme ça contre les Anglais, ils vont en prendre trente ». En 2011, la défaite avait fait l’effet d’une bombe. Insupportable pour un staff et des joueurs honteux. Presque meurtris. Cette fois, c’est une simple déception. Acceptée de bon cœur par des Français beaux joueurs, à défaut d’être bons. « Les Italiens n’ont rien volé du tout. Il faut savoir perdre », lâche Picamoles. « L’Italie mérite sa victoire, il faut la féliciter », déclare Saint-André. « L’Italie n’est plus une petite nation », constate Lagisquet.

La suite du Tournoi nous dira si la Squadra Azzurra mérite tel dithyrambe. Les Italiens passeront au révélateur écossais la semaine prochaine et le résultat de cette rencontre permettra d’apprécier un peu plus la nature de la défaite du XV du Coq. On aurait presque tendance à l’oublier après tant d’éloges, mais l’Italie reste la 10e nation mondiale et était largement à la portée de l’équipe de France. Qui ferait sans doute bien d’être un peu moins respectueuse samedi prochain contre les Gallois (18h), sous peine de voir ses rêves de victoire finale définitivement consumés.

Alexis Toledano avec Laurent Depret et Pierrick Taisne