XV de France : pas la cuillère de bois, quand même ?

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En enchaînant, face aux Gallois, une deuxième défaite dans le Tournoi des VI Nations (6-16), l’équipe de France a sans doute dit adieu à ses espoirs de victoire finale. Pire, elle devra sans doute batailler pour éviter la dernière place.

Wesley Fofana et Morgan Parra

Wesley Fofana et Morgan Parra

La gifle italienne avait déjà bien chatouillé. La claque galloise est carrément assommante. Ravivant des mauvais souvenirs que les Bleus avaient réussi à laisser au placard pendant plusieurs décennies. Il faut par exemple remonter à 1982 pour trouver trace d’un départ aussi calamiteux du XV de France dans le Tournoi des VI Nations, qui n’en comportait que cinq à l’époque. Le pays de Galles (12-22), l’Angleterre (15-27) puis l’Ecosse (7-16) avaient fait chuter d’entrée les Tricolores pour un début catastrophe que l’équipe de France avait eu la bonne idée de nous épargner depuis.

Ce deux de chute en 2013 est même un quatre de chute, puisque la France avait fini son Tournoi 2012 sur deux notes dissonantes, avec un revers à domicile face aux Anglais (22-24) suivi par un autre, en terres galloises (9-16), synonyme de Grand Chelem pour les Diables Rouges. Avec le nul contre l’Irlande un peu plus tôt (17-17), cette bien piteuse série est pire encore que la disette de 1974-75, quand les Tricolores avaient enchaîné quatre matches sans victoire dans la compétition (dont deux nuls), répartis sur les deux années.

Twickenham, une question d’honneur

Ces Bleus, qui touchent le fond, doivent-ils craindre de creuser encore dans les prochaines semaines ? Alors que se profilent deux déplacements qui n’auront rien du voyage d’agrément en Angleterre et en Irlande, les 23 février et 9 mars, les plus pessimistes murmurent que les hommes de Saint-André recevront l’Ecosse, en match de clôture, pour éviter la cuillère de bois, synonyme de cinq défaites en cinq matches. Une illustre récompense dont les Bleus se passent, pour leur plus grand plaisir, depuis… 1957.

Après la magistrale tournée d’automne, toutefois réalisée face des Argentins et des Australiens très fatigués, l’équipe de France pouvait nourrir de grandes ambitions. Deux matches plus tard, elle peine autant qu’en 1971-1972 et doit se rendre à l’évidence, se contenter de limiter la casse, en évitant la dernière place qu’elle délaisse depuis 14 ans (1 victoire, 3 défaites en 1999). A Twickenham, dans 15 jours, le XV de France jouera son honneur. C’est souvent le cas face à ses chers ennemis anglais. Là, ce sera à prendre au sens propre.

Ex-international (37 sélections), Stéphane Glas est inquiet pour les Bleus. « C’est vrai que sur les deux premiers matches, ils n’ont pas montré le même visage qu’au mois de novembre, explique l’adjoint de Fabien Galthié à Montpellier. Le tournoi, à partir du moment où tu perds en Italie, ça allait être très compliqué. Mathématiquement tu peux toujours gagner mais c’est très compliqué. Ce qui est embêtant c’est qu’il va falloir aller en Angleterre et en Irlande. Ça veut dire que le match à la maison contre l’Ecosse, ça va être un match avec énormément de pression. On pense toujours que la cuillère de bois, c’est pour les Italiens et les Ecossais. Mais il faut faire attention. Les Italiens ont gagné un match, les Ecossais aussi. Et pour l’instant, pas les Français... »

AT