JO : exclue, la lutte est sous le choc

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Le CIO a retiré, mardi à Lausanne, la lutte des Jeux Olympiques 2020. Ce sport historique aura une séance de rattrapage au mois de septembre, mais les chances sont infimes avec huit disciplines pour un ticket.

Steeve Guénot et la lutte sous le choc

Steeve Guénot et la lutte sous le choc

On craignait pour le pentathlon moderne, c’est finalement la lutte qui est passée à la trappe. Une page de l’histoire des Jeux Olympiques vient de se tourner à Lausanne. Les quinze membres de la commission exécutive du CIO ont décidé ce mardi que cette discipline ancestrale, inscrite depuis les premiers Jeux de l'ère moderne en 1896, ne figurera pas parmi les 25 sports des JO 2020. « Je suis sous le choc », lâche Christophe Guénot (34 ans), médaillé de bronze à Pékin, aujourd’hui entraineur au pôle France de Dijon. C’est un coup dur pour la France, mais plus encore pour des place fortes comme la Russie, la Turquie, l’Iran. A Londres, l’Azerbaïdjan avait sécurisé sept de ses dix médailles grâce à la lutte.

Depuis plusieurs jours, le pentathlon était présenté comme la prochaine cible des quinze membres de la « comex ». La discipline aristocratique d’Amélie Cazé, mais aussi le hockey sur gazon, le canoë kayak et le taekwondo étaient sur la sellette. Il a fallu quatre tours pour que le « comex » parvienne à s’accorder sur la victime (8 votes contre la lutte, 3 contre le hockey sur gazon, 3 contre le pentathlon moderne). Les miraculés pouvaient laisser exploser leur joie. « Le pentathlon moderne confirmé dans le programme de 2020. Istanbul, Madrid, ou Tokyo, nous voilà ! », annonçait l’UIPM dans un communiqué. Pour la lutte, l’avenir de la discipline est dans le flou. « Je suis avec des jeunes, j'ai quasiment tous les meilleurs cadets juniors français, et quand je leur demande leurs objectifs, ils me disent tous : ‘champion olympique’, raconte Guénot... Quand je vais leur annoncer la nouvelle, je pense qu’il y aura une mauvaise ambiance dans la salle. »

Séance de rattrapage à Buenos Aires

La lutte a perdu une bataille mais pas forcément la guerre, se diront les optimistes. En septembre prochain à Buenos Aires, l’assemblée générale du CIO, une centaine de membres cette fois, désignera le pays hôte des Jeux 2020, ainsi que les sports qui y feront leur entrée dans le programme additionnel. C’est de cette façon que le golf et le rugby feront leur apparition à Rio en 2016. Après avoir pris la porte, la lutte pourra essayer de revenir par la fenêtre. Mais hormis la discipline des frères Guénot, il y aura sept autres candidats comme le squash et le karaté, donnés favoris, à l’unique strapontin. La bataille s'annonce serrée. Quelques heures après l’annonce choc du CIO, l’état-major de la fédération française se réunissait en cellule de crise.

Louis Chenaille (avec C.G.)