Benazzi : « Le plus dur, c’est de lire la presse britannique »

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Avant Angleterre-France samedi à Twickenham dans le Tournoi des VI Nations, RMC Sport vous propose de retrouver les témoignages d’anciens capitaines du XV de France sur ces défaites qui font (très) mal face à nos chers ennemis… Premier volet avec...

Abdelatif Benazzi

Abdelatif Benazzi

Une rivalité motivante

« C’est un match particulièrement excitant à jouer. Dans une carrière de joueur, c’est déjà intéressant de faire le Tournoi des VI Nations. Mais jouer contre les Anglais et, si possible, les battre, c’est quelque chose d’indélébile. C’est un match où l’intensité est féroce. Les joueurs sont transformés et conditionnés pour sortir le meilleur d’eux-mêmes. Ils donnent tous le maximum. »

L’attitude des Anglais

« Les Anglais sont provocateurs, c’est sûr. Par l’intermédiaire de leurs médias avant tout. Avec le professionnalisme, les joueurs sont maintenant beaucoup plus respectueux. Mais c’est parce qu’ils nous craignent qu’ils nous provoquent. Ils ne savent pas faire la même chose que nous au niveau du système de jeu et de la créativité. Les Anglais nous respectent beaucoup. Ils ont une admiration énorme pour le jeu français parce que leur rugby est très conservateur. Ils veulent nous contrer par leur défense, en mettant une grosse pression. Ils recherchent aussi la provocation. En général, ils sont favoris. Mais c’est un jour particulier, donc les Français sortent toujours le meilleur d’eux-mêmes. »

L’ambiance de Twickenham

« La sensation que les joueurs ont en entrant dans ce vestiaire de Twickenham, en sortant dans ce couloir, en entendant chanter les Anglais, c’est un moment assez privilégié pour un sportif. Rien que pour cette ambiance, vous n’avez pas envie de vous louper. Là, il n’y aucun fatigue, aucune lassitude. C’est juste un moment où il faut se donner à fond. »

La défaite, toujours douloureuse

« En cas de défaite, le plus dur, c’est de lire la presse britannique le lendemain, la manière dont ils se foutent de nous. Il y a toujours le mot misérable qui revient. Mais ce sont surtout les médias qui font monter la pression avec ce fameux crunch. Ça fait partie du buzz de ce match-là. Mais entre les joueurs, il y a un respect énorme. Ils se connaissent tous. »

Des souvenirs inoubliables

« J’ai deux anecdotes. La plus ancienne date de 1995. Ça faisait 6 ans que la France perdait contre l’Angleterre. Et on a battu les Anglais pour décrocher la médaille de bronze du Mondial sud-africain. C’était la première fois qu’ils venaient au vestiaire pour échanger avec nous. On a passé une troisième mi-temps ensemble alors qu’avant, on avait beaucoup d’a priori sur leur comportement. On les pensait arrogants. Deux ans plus tard, en 1997, on a gagné à Twickenham après avoir été menés de presque 15 points à la mi-temps. Durant les 40 dernières minutes, on a sorti notre meilleur jeu. On l’a emporté et on a fait le Grand Chelem derrière. Je m’en souviens comme si c’était hier. »

Propos recueillis par Antoine Arlot