Chabal : « On doit surtout reconstruire notre jeu »

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Consultant dans le Moscato Show sur RMC, Sébastien Chabal évoque les chances du XV de France face à l’Angleterre, ce samedi (18 heures). Et donne la priorité tricolore du Crunch, au-delà du résultat : retrouver une « cohérence » dans le jeu.

Sébastien Chabal

Sébastien Chabal

La préparation du Crunch après deux défaites

« En règle générale, les matches, tu y penses longtemps à l’avance et encore plus quand tu joues les Anglais, car tout le monde te rappelle que ce sont nos ennemis jurés. Après un tel début de Tournoi, il est bon d’adopter une attitude où l’on se dit les choses, où l’on montre du doigt ce qui n’a pas été. Mais il faut le faire dans l’optique de construire et de corriger les erreurs. Donner des coups de bâton toute la semaine, cela aurait été une grosse erreur. »

Les chances tricolores à Twickenham

« Je ne dis pas qu’on va gagner là-bas. Mais je pense qu’on va répondre présent. On va y aller pour jouer au rugby. Nous n’avons rien à perdre, au contraire d’eux. Donc ils vont se poser des questions. Ils imaginent que la France va être vexée, ils savent que c’est souvent au pied du mur que nous réalisons nos meilleures sorties, donc ils vont s’attendre à une équipe de France compliquée à jouer. Sur ce qu’ils ont produit jusque-là, les Anglais peuvent être sereins et très confiants en leurs capacités. Mais ils connaissent la France et vont forcément penser à notre capacité de révolte quand tout va mal. »

Reconstruire le jeu : la vraie priorité

« Notre objectif, c’est de remettre notre rugby d’aplomb, dans le bon sens, retrouver notre défense agressive, reconstruire notre jeu et essayer de reproduire notre jeu de cet automne. Dans les deux défaites précédentes (Italie, Galles), c’est surtout sur le contenu qu’on s’est trompé. Après, ça gagnera ou ça perdra, mais je crois qu’aujourd’hui, ça n’a pas beaucoup d’importance. Il faut surtout remettre de la cohérence dans le jeu que l’on veut pratiquer. Si tu gagnes, ça va te remettre beaucoup d’entrain, car travailler dans la victoire, c’est toujours mieux. Et gagner chez les Anglais, c’est toujours beaucoup mieux. Mais si tu fais une belle sortie, au contenu propre, et que tu perds contre une équipe meilleure que toi, qui comme je le pense a plus de qualités que nous aujourd’hui, il faut accepter de perdre contre plus fort que toi. Perdre contre l’Italie ou le pays de Galles, ça fait râler, car nous sommes meilleurs que ces équipes. Mais aujourd’hui, il ne faut peut-être pas penser ou imaginer que nous sommes meilleurs que les Anglais. »

Le Crunch, forcément le match de l’année ?

« J’en ai vécu quelques-uns. Quand tu perds contre les Anglais à la maison, oui, tu as perdu le match de l’année. Mais quand tu vas à Twickenham, et surtout dans ces circonstances-là, même si ce match a de l’enjeu et de la valeur, il est moins important qu’à domicile. »

La révolte possible du XV de France

« Les moyens de se révolter, on les a. L’équipe qui va affronter l’Angleterre n’est pas loin de la composition des équipes qui ont gagné cet automne, montré de belles choses et laissé présager de belles victoires pour la suite, donc je ne vois pas pourquoi on doute de cela. On est capables de le faire. Est-ce qu’on va réussir cela après deux défaites ? Est-ce que mentalement nous ne sommes pas trop affectés ? Est-ce que notre championnat, long et difficile, ne nous a pas trop usés physiquement ? Ce sont des questions auxquelles on ne peut pas répondre. Mais cette équipe est capable de le faire. »