JO 2020 : la lutte s’organise

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Alors que le CIO a annoncé que la lutte ne figurerait plus au programme des Jeux Olympiques en 2020, la Fédération française tente de défendre sa cause, avec les moyens du bord. A l’image d’une manifestation organisée hier soir à Bagnolet.

Steeve Guénot

Steeve Guénot

« Je suis sous le choc ». Christophe Guénot, médaillé de bronze à Pékin, n’avait pas caché sa colère lorsque, mardi, le Comité international olympique (CIO) a annoncé que la lutte était retirée du programme olympique aux Jeux de 2020. Mais en bon compétiteur, l’actuel entraîneur au pôle France de Dijon n’est pas resté groggy trop longtemps après ce coup de massue. A l’initiative de la Fédération française, une manifestation symbolique était ainsi organisée lundi soir, en guise de protestation.

Près de 300 sympathisants se sont massés dans le gymnase de Bagnolet, le plus grand club de lutte d’Ile-de-France. Allongés sur le sol, ils ont été relevés un à un par les membres de l’équipe de France, dont les deux têtes d’affiche, Steeve et Christophe Guénot, pour coller à la symbolique suivante : « La lutte se relève ». « Tant qu’il n’est pas sur le dos, un lutteur n’est pas battu. Donc on va se battre », argumente le cadet des frères Guénot, qui espère bien voir sa discipline réintégrée lors de la session de rattrapage de septembre du CIO (une seule sera choisie parmi les neuf candidates).

S. Guénot : « Ne rien lâcher »

La pétition de la Fédération a rassemblé pour l’instant près de 3000 signatures. Une goutte d’eau comparée à la mobilisation des grosses cylindrées que sont la Russie ou encore les Etats-Unis (le dossier serait entre les mains de Barack Obama), mais les Bleus entendent bien lutter à leur échelle. Une question de survie. « On ne vit que pendant les Jeux, poursuit Steeve Guénot, titré à Pékin en 2008. Les jeunes s’identifient aux sportifs qu’ils voient à ce moment-là. Sans cette médiatisation, ça va être un gros coup dur pour notre discipline. C’est important de manifester notre mécontentement. Il faut se battre, ne rien lâcher, et on verra bien. »

« Si c’est comme ça, ça ne sert à rien qu’on continue », entend-on chez certains jeunes pratiquants. « Nous sommes un très vieux sport. Le deuxième que l’homme a pratiqué sur terre. C’est un sport de sincérité, d’amitié. La lutte, elle existe depuis l’éternité. Ça fait 62 ans que j’entraîne ici, à Bagnolet, et c’est important qu’on continue d’exister », poursuit un convaincu. Et si tout ça ne suffit pas à convaincre le comité olympique, un baby-lutteur de 5 ans donne le coup de grâce. Pourquoi ne faut-il pas retirer la lutte du programme ? « Parce que c’est bien… Et sinon, il n’y aura plus de lutte ». CQFD !

Alexis Toledano avec Nicolas Paolorsi