XV de France : huit changements, zéro certitude.

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Philippe Saint-André a annoncé la composition du XV de France pour affronter l’Angleterre, samedi à Twickenham (18 h). Une équipe de France marquée par une vague de 7 changements et le replacement de Fofana au centre. Le premier aveu d’impuissance...

Philippe Saint-André

Philippe Saint-André

Ce jeudi, dans l’atmosphère un peu plus lourde que d’ordinaire de l’amphithéâtre de Marcoussis, Philippe Saint-André donne la composition de l’équipe de France pour affronter l’Angleterre (samedi 17h00). Après un début de Tournoi calamiteux et deux défaites logiques, voilà que le sélectionneur dévoile une équation à 7 inconnues et une variable. Pour affronter l’Angleterre, le XV de départ des Bleus sera totalement changé et près de la moitié de l’équipe de France chamboulée. La France connait sept changements et un replacement. Un remaniement pour le moins étrange à la veille d’affronter l’Angleterre, l’épouvantail de ce Tournoi 2013.

Mais même si le risque est grand, le sélectionneur a voulu frapper un grand coup, en se passant de certains de ses titulaires habituels. Il n’y aura pas de troisième chance pour certains joueurs, après la défaite en Italie et le revers face au pays de Galles. Exit Machenaud-Michalak, la charnière que le sélectionneur avait testée en Argentine et validée contre l’Argentine. Au revoir Forestier, Suta ou Taofifenua, les trouvailles du staff durant la tournée d’automne. Merci Ouédraogo, Dulin ou Papé, les hommes forts de Saint-André, tous au repos forcé en raison de blessures diverses.

Mais, conscient que ces bouleversements pourraient entrainer bien des hypothèses, Saint-André tente de relativiser cette (r)évolution très vite après l’annonce : « Il n’y a pas de sanction. A partir du moment où on a perdu nos deux premiers matchs, il fallait mettre de la concurrence, rafraîchir le groupe ».

Une charnière encore en chantier ?

De la fraicheur et du sang neuf, surtout dans la conduite du jeu de cette équipe de France. Deux matchs décevants, et la charnière doit céder sa place, une fois de plus. Preuve, peut-être, que Saint-André cherche encore la bonne formule. Car après 12 matchs à la tête de l’équipe de France, Saint-André a déjà testé 6 charnières différentes, soit une tous les deux matchs. Il justifie : « C’est plus de la rotation que des changements. On change de charnière mais que ce soit François (Trinh-Duc) ou Morgan (Parra), ils sont dans le groupe depuis un an », explique le sélectionneur. Saint-André s’attarde même quelques secondes sur l’épineux cas Michalak : « Ça n’est pas une sanction. Ca fait six matchs d’affilé que Frédéric Michalak est titulaire. Là, on a voulu changer, essayer de trouver d’autres solutions ».

Des changements pour essayer de trouver la réponse à la problématique de ce XV de France : inverser la dynamique de l’équipe (5 matchs sans victoire dans le Tournoi) sans pour autant faire voler en éclats le peu de certitude d’un collectif encore très jeune. Un véritable casse-tête pour Saint-André, qui, après 12 mois à la tête des Bleus, en semble encore à la phase de test.  

La composition du XV de France :

Mas, Kayser, Domingo, Maestri, Samson, Nyanga, Picamoles, Dusautoir (c) Parra, Trinh-Duc, Fall, Fofana, Bastareaud, Clerc, Huget

Remplaçants: Szarzewski, Debaty, Ducalcon, Suta, Claassen, Machenaud, Michalak, Fritz.

Pour sa première titularisation en équipe de France, c’est un défi de taille qui attend Christophe Samson : l’ogre anglais dans son antre de Twickenham. De quoi faire peur à beaucoup de joueur. Mais le Castrais est un homme de défi. « C’est un très grand plaisir et un très grand honneur de pouvoir débuter. Ce match ce week-end. Je ne vais pas sauter partout. Je suis très excité d’être à samedi, j’ai envie qu’on y soit rapidement pour pouvoir voir ce que ça va donner. »

Et quand on lui fait remarquer que débuter à Twickenham dans un contexte difficile n’est pas chose aisée, le deuxième ligne de Castres reste serein. « C’est un stade mythique, un très grand stade et des chants de supporters impressionnants. Je le redis mais je suis impatient d’être à samedi. C’est un super challenge qu’on a relevé et c’est une grosse envie de pouvoir les affronter. On n’a plus rien à perdre et tout à gagner ».

Pierre Ammiche