PSG-Nike : Bras de fer pour un maillot ?

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Décidé à obtenir une grosse réévaluation, le PSG pourrait mettre fin à son sponsoring maillot avec la marque à la virgule au terme du contrat actuel, en juin 2014. Stratégie commerciale concurrentielle ou simple coup de pression ?


Un contrat à réévaluer. Pour un sésame à conserver, le maillot des stars Zlatan Ibrahimovic et Edinson Cavani. Le tout dans un possible tsunami commercial à grandes répercussions. Avec une question, désormais tangible : et si la virgule quittait la tunique parisienne ? Partenaire du PSG, Nike accompagne le club de la capitale depuis plus de vingt ans. Dans les bons comme dans les mauvais moments. Avec Branko Boskovic comme avec Thiago Silva. Mais aujourd’hui, les choses bougent. Paris rentre pas à pas dans la catégorie des plus grands clubs. Et souhaite voir le montant de sponsoring maillot coller à ce nouveau statut. En décembre 2012, comme nous vous le révélions à l’époque, le PSG avait lancé un appel d’offres pour écouter les propositions des différents équipementiers en perspective de la fin de contrat avec Nike, en juin 2014.

Quelques mois plus tard le premier chiffre est tombé. Selon une source proche de la marque à la virgule, cette dernière aurait formulé une offre de 16,5 millions d’euros annuels pour conserver le maillot parisien. Une augmentation sensible par rapport aux 6,5 millions versés actuellement. Suffisant pour empocher la mise ? Pas certain. Car Paris laisse planer le doute. De quoi agacer certains hauts dirigeants de la firme américaine. « Dans les 15 dernières années, Nike a toujours porté fièrement le PSG même lorsque Paris se battait contre la relégation, rappelle une source proche du dossier. Nike a connu les années de galère et aujourd’hui, Paris essaye de mettre la pression. C’est magnifiquement bien joué au niveau du business, moins sur le plan de la fibre sentimentale. »  Stratégie parfaite, surtout, pour forcer le partenaire à augmenter le montant du chèque.

Le PSG aimerait 30 millions d'euros annuels contre 6,5 aujourd'hui

Sa première proposition lancée, la marque à la virgule attend de voir ses concurrents se positionner. Le PSG, lui, a demandé… 30 millions d’euros annuels à Nike, contrat à la hauteur de ceux signés par Arsenal avec Puma ou Liverpool avec Warrior et qui leur permettrait de se rapprocher des plus gros contrats Nike pour un club (Manchester United et Barcelone). Pour le moment, la firme US ne souhaite pas répondre aux exigences parisiennes, jugeant impensable le montant de 30 millions. Car passer de 6,5 à 30 millions, c’est aussi ouvrir la porte à une jurisprudence que d’autres clubs (Juventus, etc) n’hésiteront pas à rappeler à la marque pour réclamer une revalorisation de leur contrat sponsoring, à l’image du Brésil quand Nike avait offert un pont d’or pour mettre la main sur le maillot des Bleus. Mais « personne ne veut perdre un partenaire suivi depuis 1989 », concède-t-on chez Nike, où l'on aimerait tout de même éviter de revivre avec Paris la situation d'une équipe de France pour laquelle le montant que l'on a dû dépenser reste difficile à digérer.

Bref, tout semble en place pour un bras de fer commercial. Des concurrents aux dents longues, d’abord. Trois sponsors font face à Nike. Puma, en difficulté avec sa maison-mère, PPR, et qui vient de changer de PDG à l'international pour redresser la barre sur le plan économique, devrait venir aux renseignements mais ne semble pas prêt à répondre aux attentes parisiennes après avoir arraché Arsenal pour près de 35 millions d’euros annuels. L’ennemi classique de la marque à la virgule, adidas, pourrait aussi se positionner. Selon une source interne, « le dossier est directement géré par adidas International. Normalement, nous ne devrions pas faire de folie sur ce club. Nous avons déjà Lyon, Marseille et Saint-Etienne : le placement sur le marché français est quasi parfait. Après, adidas International peut tenter un coup de poker, on ne sait jamais. » D'autant que la marque aux trois bandes rêve toujours de prendre sa revanche sur son homologue à la virgule après avoir vu cette dernière lui subtiliser le contrat des Bleus. Pourrait-elle le faire via le PSG ? Pas impossible, même si les renouvellements récents de contrats de sports collectifs et la possibilité peut-être imminente de signer avec un gros club de rugby n'incitent pas à une surenchère sur ce dossier. Mais le rival le plus inquiétant pour Nike se nomme Burrda Sport. Signe particulier ? Un équipementier qui appartient à une holding basée en suisse (Pilatus, dirigée par Laurent Platini) et propriété de… Qatar Sports Investments, qui préside également à la destinée du PSG.

Burrda, qui va se positionner sur le dossier, inquiète en plus haut lieu chez Nike en raison de sa capacité financière (sans parler de l’éventuel conflit d’intérêts). Même si d’autres éléments jouent en faveur de la marque à la virgule. « Ils ont peut-être un carnet de chèque illimité mais sûrement pas le développement commercial et le réseau de distribution de Nike », se rassure-t-on ainsi chez l’équipementier américain.  Disposant d’un droit de préemption qui en fait un candidat prioritaire, avec la possibilité de transmettre la dernière offre, Nike devrait encore réévaluer la proposition de 16,5 millions. Certaines indiscrétions révèlent que le partenaire historique du PSG devrait se résoudre à frôler les 25 millions d’euros. Avoir son logo sur les tuniques de Cavani et Zlatan est à ce prix. Voire plus cher. N’est-ce pas, Burrda ?

Toulon : Boudjellal « vend » le projet Burrda au PSG

Avant de peut-être équiper le PSG, Burrda a déjà réussi à séduire un autre cador du sport français. Depuis 2011, la marque propriété de Qatar Sports Investments fournit le Rugby Club Toulonnais. Et Mourad Boudjellal, le président varois, est ravi de cette collaboration. « Quand on parle d’argent, ce sont des gens qui ont de la conversation, avoue-t-il. Mais quand on lance une marque avec l’ambition de Burrda, il est évident que derrière il faut un investissement très lourd pour être à la hauteur. Ils nous ont contactés il y a maintenant trois ans et on a fait le pari de les rejoindre parce que c’était un projet qui nous  semblait sérieux. Ils ont eu un peu de balbutiements au départ mais ils se sont structurés et ils sont en phase de conquête. »

Pour le dirigeant toulonnais, il semble même évident que le PSG succombe rapidement aux arguments de Burrda : « Leur éventuelle arrivée au PSG aurait du sens dans leur logique, puisque Burrda appartient en partie à l’Etat du Qatar et le PSG aussi. Ils sont en recherche de notoriété et d’image, c’est pour ça qu’ils ont choisi le RCT. On a rempli notre mission mais le PSG serait un véritable accélérateur. Ils sont très ambitieux pour les années qui viennent. Ce devrait être un acteur majeur chez les équipementiers sportifs. Dans la stratégie de développement des Qataris, je serais surpris que le PSG ne tombe pas entre les mains de Burrda à terme. »

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