Papin : « La France ira au Brésil »

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A l’occasion de ses 50 ans, Jean-Pierre Papin vient de sortir un livre retraçant sa carrière (« JPP, le livre anniversaire »). Invité de Luis Attaque, l’ancien attaquant en a profité pour évoquer l’actualité de l’OM et celle des Bleus.

L'OM et ses difficultés

« Il y a des équipes qui me semblent beaucoup plus fortes que l’OM en championnat, mais finir dans les trois premiers, ça me paraît largement possible. Pour moi, le principal problème à Marseille en ce moment, c’est un problème d’inexpérience. Le recrutement est bon, mais il est inexpérimenté. Il y a des jeunes qui découvrent la L1 et la Ligue des champions. Ce n’est pas facile à gérer. L’amalgame entre les jeunes et les anciens a du mal à se faire. Quand Valbuena est un peu moins bien, ça devient compliqué. C’est une équipe qui manque de constance. Le talent, il y a en a, mais à Marseille, il en faut tout le temps. Pour que Marseille remonte, il va quand même falloir casser la tirelire. Le nouveau stade Vélodrome va avoir besoin d’une équipe qui joue la Ligue des champions. Avant, les équipes qui allaient au Vélodrome avaient peur. Maintenant, elles y vont en se disant qu’elles peuvent repartir avec trois points. » 

Prudence avant le barrage pour les Bleus

« Pour des matches avec un enjeu aussi important que les barrages, tu dois prendre tes meilleurs joueurs, et tu as besoin de cadres. Je suis sûr que Didier Deschamps a déjà son équipe en tête. L’équipe de France ira au Brésil, mais il ne faut surtout pas croire qu’on est déjà qualifiés. Il ne faut jamais oublier le barrage contre l’Irlande (en 2009, ndlr). C’est une grosse partie de la vérité. On avait gagné 1-0 là-bas, et personne ne pouvait les imaginer gagner chez nous, et au final on gagne sur une main en prolongation. Ça doit servir de leçon. »

En faveur de Benzema, Giroud et... Evra !

« En ce qui concerne les joueurs à aligner, j’aimerais voir Benzema et Giroud ensemble. Avec Benzema derrière Giroud. Les deux sont performants en ce moment, donc pourquoi pas ? Je respecte beaucoup le comportement qu’a eu Karim quand il a été dans cette mauvaise passe. Il n’a pas dit un mot, il a continué à travailler alors qu’il se faisait chambrer dans tous les sens. Je pense que c’est un bon garçon. Et en ce qui concerne Patrice Evra, pour moi il n’y a pas à hésiter. Il a fait un écart, mais sur le joueur, il n’y a rien à dire. Quand tu es vice-capitaine de Manchester, que Sir Alex t’a adoubé, c’est qu’il y a une raison. Pour un match important comme celui qui arrive, il faut le sélectionner. »

Souvenirs, souvenirs

« Pour moi, le plus beau but de ma carrière, c’est contre la Belgique (1992, 3-3). C’était un match amical au Parc. Pour moi, c’est le plus impossible à faire, et je crois que personne à part moi n’aurait tenté de marquer comme ça. Le ballon est très haut, très loin, le défenseur est proche, je tente quand même la papinade, et ça va au fond. A Marseille, j’en ai mis beaucoup. Si je dois en retenir un, c’est celui contre Benfica (demi-finale aller de Ligue des champions 1989-90, 2-1). C’est un piqué du gauche, et donc je m’en souviens un peu plus, parce que mon pied gauche en général, ce n’est pas trop ça. Avec Milan, je retiens ma volée contre Porto, quand je dis à Ruud Gullit de me laisser le ballon (Ligue des champions 1999-93, 1-0). Mon pire souvenir, en revanche, c’est France-Bulgarie, quand on rate la qualification pour la Coupe du monde 94. C’était horrible. D’ailleurs, le livre que l’on sort m’a permis de tourner la page football. Le fait de ressasser tous les souvenirs m’a permis de faire le bilan de tout, et je pense que je ne serai plus jamais pareil. »

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