Laporte : « Il n’y a pas encore le feu »

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Défait samedi par le Stade Français (23-0), Toulon fait grise mine. Manager du club varois et membre de la Dream Team RMC Sport, Bernard Laporte reconnaît les carences actuelles de son équipe mais demande du temps.

Bernard Laporte

Bernard Laporte

Bernard, après la sévère défaite de Toulon le week-end dernier contre le Stade Français (23-0), le président Mourad Boudjellal a déclaré qu'on « s'est fait défoncer par les 13 mêlées du Top 14 ». Qu'est-ce que vous inspirent ses propos ?

Il n’y a pas de froid entre nous. Le président c’est le président, c’est le boss. Il dit ce qu’il veut et il n’a pas totalement tort, ni raison. On n’a, heureusement, pas perdu contre les 13 mêlées du championnat. Mais c’est vrai qu’on a souffert. Il y a des raisons à cela, il faut se montrer lucide. On n’a plus nos deux monstres que sont Andrew Sheridan et Sébastien Bruno. On les a aujourd’hui remplacés par des jeunes de 20 ans qui sont titulaires alors qu’ils ne bénéficiaient que de 20 minutes l’an dernier, quand tout le monde était rincé à la fin. Ils doivent s’affirmer comme des joueurs, donc leur laisser du temps.

Est-ce difficile de remettre un groupe sur les rails après la finale du Top 14 perdue de justesse contre Castres (14-19) l'an dernier ?

Ce n’est pas difficile. Mais c’est vrai qu’on a des carences dans certains secteurs. Samedi, le Stade Français a été largement meilleur que nous. Dire le contraire, ce serait mentir. Mais j’ai envie de dire à mes joueurs que malgré le fait qu’on a été dominés, on reste dans le match quasiment tout le temps. Il n’y pas encore le feu à la maison. On n’est pas contents, mais ça prendra du temps. Car, je le répète encore, la mêlée est un travail collectif qui demande beaucoup d’expérience. Et aujourd’hui, les gamins de 20, 21 ou 22 ans ne l’ont pas encore. Mais qui fait jouer cinq joueurs de sa formation aujourd’hui ? C’était nous samedi, mais personne n’en parle. On repart un peu de zéro car on a perdu deux éléments majeurs.

Toulon est-il en manque de repères actuellement ?

C’est partout pareil. Quand Toulouse a perdu William Servat, il a fallu un peu de temps avant que le jeune Tolofua se mette au niveau. On l’a vu quand on les a affrontés en demi-finale, ils ne nous ont pas dominés devant alors que, dix mois auparavant, ils nous avaient démontés avec William Servat. Mais quand tu enlèves des monstres comme lui, ce n’est pas facile de les remplacer, surtout lorsqu’il s’agit de très jeunes joueurs. Il faut leur laisser le temps de s’affirmer.

« Aucun problème avec Michalak »

Avez-vous lancé tous les jeunes capables de jouer en première ligne ?

Nous avons Andrew, mais il s’est blessé pour un mois et peut-être pour toujours car le chirurgien lui a dit qu’il devrait peut-être arrêter le rugby. On a des jeunes derrière, en qui nous avons confiance comme Fresia, Chiocci qui arrive et Emmanuel Felsin, qui avait arrêté le rugby, est là aussi. On va travailler avec ces jeunes, il n’y a que le travail qui paye. Les solutions vont venir de l’intérieur. Je suis là pour les défendre, mais également leur taper sur les doigts et leur demander de faire plus quand ça ne va pas. Ils doivent travailler encore plus que les joueurs expérimentés et sûrs d’eux.

Frédéric Michalak a semblé dépassé samedi. Y'a-t-il un problème avec lui ?

Il n’y a aucun problème avec Fred. Il n’a pas fait un bon match, comme d’autres aussi. C’est vrai qu’il ne nous facilite pas la tâche en première mi-temps… C’est une évidence. Il en est conscient, il n’a pas besoin de mon analyse. Il a eu une blessure à l’épaule et il n’est pas revenu. Il faut lui laisser du temps. Mais c’est sûr qu’on est dans l’attente d’autre chose quand on fait jouer Frédéric. 66 sélections en équipe de France, champion de France… Autant on peut préserver les minots qui arrivent, autant lui, avec son expérience et son charisme, doit montrer autre chose. On va l’aider pour qu’il retrouve son niveau.



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