Labrune : « Le futur entraîneur ? Plus un technicien qu’un meneur d’hommes »

Votre opinion
- +

EXCLU RMC SPORT. Vincent Labrune a bien démarré l’année avec la victoire de l’OM sur Reims (2-0) ce dimanche en 32es de finale de Coupe de France. Baup, Anigo, mercato, avenir : le président phocéen, invité de Luis Attaque, fait le point.

@ AFP

Vincent Labrune, l'OM sort d'une victoire contre Reims (2-0, a.p.) en 32es de finale Coupe de France...

On a assez perdu fin 2013 pour la savourer. Cette compétition est un objectif pour nous.

La décision de limoger Elie Baup a-t-elle été difficile à prendre ?

Très. C’est un homme bien, loyal, honnête qui a fait un travail formidable la saison dernière dans un environnement compliqué et avec des moyens limités. On a bâti un projet différent cette saison et on a vraiment espéré le faire ensemble le plus longtemps possible. Mais on a considéré, après une série de douze défaites en trois mois, qui est énorme à l’échelle marseillaise, que le principal responsable était l’entraîneur et qu’il fallait qu’on passe à autre chose. Elie n’avait peut-être pas les solutions. C’est humainement douloureux mais on ne peut pas gérer un club de foot seulement à l’affect. Le principe de réalité, à l’OM, ce sont les résultats. Et ils étaient en-dessous de nos attentes.

L'objectif de l'OM est-il toujours d'être sur le podium en fin de la saison ?

Notre objectif n’a pas varié. Derrière les deux cadors que sont le PSG et Monaco, on a un effectif largement capable de rivaliser avec les 17 autres. On a fait une première partie de championnat très moyenne et le bilan s’aggrave quand on voit les performances de Paris, Monaco et surtout Lille. On a sous-performé là où nos concurrents ont surperformé. Mais rien n’est perdu. On sait que ça va être compliqué mais on ne lâchera rien.

Le trio de tête est-il trop fort pour l'OM cette saison ?

Onze points de retard sur le podium à la trêve, je n’ai pas souvenir que ce soit arrivé très souvent de refaire un tel handicap. Les trois ont toutes battu le record de points sur la première partie de championnat. Il faut qu’on fasse un parcours quasi sans faute et espérer dans le même temps que nos concurrents directs baissent de rythme.

Mettre José Anigo sur le banc pour remplacer Baup était-il une solution de facilité ?

C’était la seule solution à court terme. José Anigo a l’avantage de très bien connaître le club et nos joueurs, qu’il a tous recrutés. Il est en phase avec notre projet à moyen et long terme. C’était l’homme de la situation, dans un premier temps, pour cesser cette spirale de défaites, remettre les têtes à l’endroit et rebâtir un nouvel état d’esprit. Ce n’est pas Byzance mais il y a un léger mieux.

Anigo entraîneur de l'OM, c'est jusqu'en juin seulement ?

On ne va pas aller plus vite que la musique. Il a un discours qui porte auprès des joueurs si j’en crois les retours de ces derniers. Là, il a une mission importante : essayer de remonter sur le trio de tête et de faire une performance dans une des deux coupes. On va faire comme ça jusqu’à la fin de la saison et ça nous laisse du temps pour bien réfléchir au profil de l’entraîneur adéquat pour porter le projet marseillais, qui reste ambitieux et n’a pas changé sur le moyen terme. A priori, on ne changera pas d’entraîneur avant la fin de saison.

« On n'a pas vocation à affaiblir notre équipe »

Quel profil recherchez-vous pour votre futur entraîneur ?

Nous sommes dans la même configuration qu’Arsenal ces dernières années en Angleterre ou que le Borussia Dortmund face au Bayern Munich en Allemagne, à savoir miser sur des jeunes talents d’avenir et avoir un entraîneur avec un profil de technicien capable de faire progresser les joueurs individuellement et surtout dans leur expression collective. Sur cette première partie de saison, on n’a pas su trouver un équilibre d’équipe. Le profil sera donc plus celui d’un technicien que celui d’un meneur d’hommes tel qu’on peut l’entendre généralement.

Parlons mercato. Seuls des prêts semblent intéresser l'OM cet hiver...

Nous n’avons pas prévu d’acheter de joueur. On a des liquidités réduites. On a réussi à revenir à l’équilibre en juin dernier et on a investi l’intégralité de notre plus-value de la Ligue des champions lors du mercato estival. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un problème majeur, la taxe à 75%, qui nous oblige à s’acquitter de 8 millions d’euros en avril 2014. On ne peut pas faire n’importe quoi. Si on a un départ ou deux, on remplacera. Sinon on restera comme ça.

Allez-vous vendre pour trouver ces liquidités ?

Pour vendre un joueur, il faut que l’on reçoive une offre importante, que le joueur soit intéressé que l’on ait son remplaçant potentiel sous le coude. A l’heure où je vous parle, aucun de nos joueurs ne réunit ces trois conditions. Nicolas Nkoulou ? On a eu une proposition assez importante de Naples mi-décembre, supérieure à 12 millions d’euros, à laquelle on n’a pas donné suite. Nicolas veut rester à l’OM et c’est un joueur important de notre dispositif. Il y a peu de chance pour qu’il parte. Ces deux dernières saisons, nous étions dans une logique de très grande rigueur budgétaire. Cette année, nous sommes partis sur un projet sportivement ambitieux sur le moyen terme. On a des résultats qui ne sont pas à la hauteur de nos attentes mais on n’a pas vocation, et je parle avec l’aval de l’actionnaire, à affaiblir notre équipe pour cette seconde partie de saison. Qu’il y ait un ou deux départs d’ici le 30 juin pour l’économie du club, c’est une nécessité et une évidence. L’OM ne peut pas être le seul club en France qui ne vend pas de joueur. Mais pas nécessairement d’ici le 30 janvier.

André-Pierre Gignac est en fin de contrat en juin 2015. Une proposition de prolongation est-elle à l'étude ?

Absolument pas. Ce qui m’intéresse, c’est qu’il marque des buts et nous fasse gagner des matches. Les considérations financières, on se les posera en temps et en heure. En juillet dernier, il nous a fait état de sa volonté de rester au club au moins pour cette saison. Il a eu un petit coup de mou en octobre mais depuis, on est totalement satisfait de ses performances. Sans trahir de secret, il a lui aussi été, ces dernières semaines, l’objet d’une offre assez importante d’un club anglais qu’il a refusée. On est très content de poursuivre avec lui au moins jusqu’à la fin de saison.

 

A lire aussi :

>> Anigo : "La troisième place, un objectif"

>> Larqué : "Anigo n'ira pas plus loin"

>> Mercato : Les dossiers de l'OM, Monaco et l'OL

Luis Attaque