Nasri : « J’ai sali mon nom »

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EXCLU RMC SPORT. Invité de Luis Attaque sur RMC, Samir Nasri, le milieu de terrain de Man City, a évoqué avec franchise et lucidité son parcours en équipe de France. Avec la ferme intention de redorer son image en brillant au Mondial.

Samir Nasri
@ AFP
Samir Nasri

Son état de forme

« Ça va beaucoup mieux. J’ai repris avec le groupe lundi et mardi. Je n’ai fait que l’échauffement et une petite possession de balle. Après, j’ai fait un peu de travail foncier. Demain (jeudi), j’ai une IRM de contrôle et si tout va bien, je pourrai reprendre avec l’entraînement collectif. J’espère être dans le groupe face à Chelsea en Cup. »

Son inquiétude après sa blessure

« Au moment de ma blessure, j’ai eu peur, bien sûr. J’ai pensé à ne pas finir la saison, à rater la Coupe du monde. J’étais assez dépité lorsque ça s’est passé. Sur le coup, j’ai senti une douleur qui m’a foudroyé. En rentrant au vestiaire, lorsqu’on a vu la première image au ralenti, les kinés ont eu peur que les croisés soient touchés. Mais après plusieurs visionnages de la vidéo, ils ont dit que le croisé ne serait pas touché et que ça serait plus le ligament interne, ils ne se sont pas trompés. Pour l’instant, je suis bien en avance sur les prévisions, tant mieux. »

Ses ambitions pour le Mondial au Brésil

« La Coupe du monde est un objectif, bien sûr. Ça devrait l’être pour n’importe quel footballeur. Qui plus est au Brésil, au pays du football. Le minimum, vu le tirage au sort des groupes (Suisse, Honduras, Equateur), c’est de passer le premier tour. Vu notre potentiel, on devrait largement pouvoir sortir du groupe, même s’il ne faut pas croire que c’est fait. Après, on prendra les matchs les uns après les autres. Quand on est compétiteur, on veut tout gagner. Mais il faut être aussi réaliste. Tout dépend du tirage au sort. Si on termine deuxième du groupe et que l’Argentine termine première de son groupe, on peut rencontrer l’Argentine en huitièmes de finale. Donc il faut d’abord passer les poules et ensuite, être un peu chanceux au tirage pour aller le plus loin possible. »

Son absence traumatisante en 2010

« J’ai connu ce sentiment de rater une Coupe du monde en 2010. J’en ai pleuré parce que la Coupe du monde, c’est un rêve. J’ai toujours rêvé d’en jouer une depuis tout petit. Je vais tout faire pour retrouver la forme avec mon club et espérer être dans la liste des 23. »

Son mea-culpa après l'Euro 2012

« Quand on est jeune, on est insouciant. On croit tout savoir. Avec le recul, la maturité, et une certaine forme d’intelligence, on se remet en question. Parce qu’on sait que ce qu’on a fait, ce n’était pas ce qu’il fallait faire. On n’est pas que 23 à jouer, on est avec 65 millions de personnes qu’on représente avec ce maillot. J’ai des regrets par rapport à ce qu’il s’est passé à l’Euro 2012. Ce n’est pas la manière dont j’ai été éduqué. J’ai sali mon nom, celui de mes parents aussi. Je n’ai pas fait honneur à ce maillot. Donc bien sûr que j’ai des regrets. Je vais bientôt avoir 27 ans. Je me dis que j’ai perdu assez de temps et qu’il faut que j’arrive à exploiter mon potentiel. »

Sa soif de rédemption avec les Bleus

« Le groupe a réagi après la défaite en Ukraine (2-0 en barrage aller de la Coupe du monde). On a montré une force de caractère. On a eu l’envie commune de faire quelque chose. Il faut voir la réaction de tous ceux qui n’ont pas participé au second match mais qui malgré tout étaient derrière leur coéquipier avec un objectif commun : se qualifier pour la Coupe du monde. C’est avec cet état d’esprit qu’on pourra faire quelque chose. Sur les dernières compétitions, ça n’a pas été le cas. La plupart des joueurs ont ce sentiment de revanche. On a envie de se racheter et de montrer l’amour du maillot à tous ces gens qui nous supportent depuis toutes ces années. »

Son premier souvenir de Coupe du monde

« Mon premier souvenir de Coupe du monde, c’est celle aux Etats-Unis en 1994. Je me souviens de quelques joueurs que j’ai beaucoup aimé à l’époque. Stoichkov, qui a fait un super parcours avec la Bulgarie. Romario avec le Brésil et Roberto Baggio avec l’Italie. »

L'exemple de Franck Ribéry

« J’ai parlé avec Franck (Ribéry) le soir de la cérémonie du Ballon d’Or. Il m’a dit juste avant qu’il savait qu’il n’allait pas l’avoir. Forcément, il était un peu déçu parce qu’il le méritait au vu de sa saison. Je lui ai dit qu’il fasse encore une grande saison, qu’il nous fasse gagner la Coupe du monde comme ça il n’y aura pas de débat la saison prochaine. Franck est un leader et ça doit être un exemple pour pas mal de joueurs. Il a connu des galères, il les a surmontées et il est revenu encore plus fort. Avoir ce niveau-là et pouvoir lutter avec Messi et Ronaldo, qui sont des extraterrestres, ça doit être un exemple pour tous les jeunes qui font des erreurs de temps en temps. Il faut qu’ils croient en eux en améliorant leur comportement. On peut y arriver. »

Le 8e de finale de C1 face au Barça

« J’ai raté un mois et demi de compétition. Ça m’a permis de recharger les batteries. Avec City, on est engagés sur quatre compétitions avec l’objectif de les gagner. En Ligue des champions, on va avoir un match excitant face au Barça. Pour moi, ils sont plus prenables que par le passé. Personnellement, je pense qu’on peut les éliminer. Si nos blessés sont de retour, avec une équipe au complet, je pense qu’on peut les battre ! »

Sa relation avec Pellegrini

« Je m’entends très bien avec Manuel Pellegrini. Il me comprend. J’ai besoin d’affection. Il m’apporte tout ça. Il m’a redonné cette confiance. Il m’a fait comprendre que j’étais à nouveau un joueur important pour l’équipe. Sur le terrain, il me laisse pas mal de liberté. Donc j’essaie de lui rendre sa confiance au maximum. »

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