EXCLU - Lavillenie : « Je suis dans les étoiles »

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Renaud Lavillenie n’est pas redescendu de son nuage. Après avoir battu le record du monde de saut à la perche (6,16m), ce samedi à Donetsk, le Français a confié son émotion et ses ambitions futures en exclusivité à RMC et BFMTV.

Renaud Lavillenie, comment vous sentez-vous après un tel exploit ?

Il va falloir du temps pour redescendre sur terre. C’est un record tellement mythique. Mon premier essai, sans toucher… Il n’y a rien à dire, il faut simplement savourer, c’est incroyable.

Pensiez-vous battre ce record aujourd'hui ?

C’est un peu inimaginable. Même si j’ai vu que j’avais progressé ces derniers temps, de là à faire tomber ce record assez rapidement, c’est autre chose. Les réactions des gens autour étaient surprenantes, je ne savais pas ce qui m’arrivait. Je quitte le sol, je passe au-dessus de la barre, et là, je me dis : « Qu’est-ce qu’il m’arrive ? » Je vois que tout le monde se tient dans les bras. Quand je retombe, je ne réalise pas ce qu’il se passe, je ne réalise pas que c’est le premier essai, que c’est le record du monde. Ce n’est pas rien. Je suis dans les étoiles.

Avez-vous eu une préparation particulière pour cette compétition ?

Je n’ai pas sauté en compétition après la Pologne (6,08m, il y a 15 jours, ndlr) pour affiner la technique. Après, j’ai eu dix jours d’entrainement où ça a été plutôt bon. Mon enchainement a été parfait. Je sentais que j’avais les moyens de faire quelque chose. Peut-être pas avec cette facilité, mais on s’en fout. On est là pour se faire plaisir. Je me suis dit : « Donne tout ce que tu as, ça peut le faire.

Vous détrônez votre idole Sergueï Bubka sous ses yeux...

Ce qui est incroyable, c’est que Serguei Bubka restera pour moi comme un des plus grands athlètes de tous les temps. Et me dire que là, je passe devant lui… C’était inimaginable il y a quelques années. Mon téléphone ne s’arrête pas de vibrer (rires). Je vois bien qu’il s’est passé quelque chose.

« Et ce n'est pas fini ! »

L'émotion est-elle plus forte que pour votre titre olympique à Londres en 2012 ?

Le titre olympique, c’était quelque chose d’énorme parce que c’était un concours où il y avait énormément de pression. Et puis c’était au troisième essai. Mais là, c’est juste énorme. J’ai sauté 19 centimètres de plus qu’aux Jeux Olympiques. C’est énorme.

A qui pensez-vous à ce moment précis ?

J’en profite pour remercier tous ceux qui me supportent tout au long de l’année. Avec une mention particulière à toute ma famille, mes parents, mon frère, ma copine, mes amis, mon coach, mon staff médical. C’est très important. Puis tous les fans, ceux qui sont là depuis le début et les nouveaux qui le sont à partir d’aujourd‘hui. Et ce n’est pas fini !

Quel est votre prochain objectif ?

Je ne sais pas ce qu’il va se passer. Je sais que je ne suis pas prêt de rentrer chez moi (rires). Je me rends bien compte que je suis passé dans une autre dimension. Mais c’est cool, je ne vais pas m’en plaindre ! C’est la rançon de la gloire, mais c’est du bonheur quand ça se passe comme ça.

Certains vous comparent à Usain Bolt...

Peut-être qu’être comparé à Usain Bolt n’est plus démesuré. Je ne me rends pas bien compte de ma performance. Mais Bolt, ça reste quand même une autre planète. Être comparé à un athlète comme ça, c’est extraordinaire. Ça fait du bien, ça fait aussi plaisir de mettre en avant ce sport et ses valeurs.

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