EXCLU - Pelé : « Je rêve d’une finale France-Brésil »

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EXCLU RMC SPORT – La Coupe du monde et Pelé sont arrivés dimanche à Paris dans le cadre de la tournée du Trophée, organisée par Coca-Cola. Triple vainqueur avec le Brésil (1958, 1962 et 1970), le roi Pelé s’est confié à RMC Sport.

Pelé, à quoi pensez-vous en regardant ce trophée de la Coupe du monde ?

Beaucoup d’amis me disent : « Cette coupe, c’est Pelé » même si c’est le trophée Jules-Rimet (ancien trophée de la Coupe du monde remis aux vainqueurs de 1930 à 1970, ndlr) que j’ai gagné trois fois. Mais c’est la même émotion parce que celui-ci a la même valeur.

Le Brésil n'a plus accueilli la Coupe du monde depuis 1950. Vous étiez un enfant alors. Vous rappelez-vous comment le pays a vécu cet événement ?

Bien sûr. D’un côté c’est une grande opportunité pour le Brésil de retrouver cet évènement. Mais de l’autre, ça reste une grande émotion parce qu’en 1950, le Brésil avait la chance d’accueillir la compétition et possédait la meilleure équipe du monde mais l’Uruguay l’avait battu en finale (2-1). A l’époque, nous n’avions pas de télé. Seulement la radio. J’avais 8 ou 9 ans et j’ai vu mon père, qui était footballeur, se mettre à pleurer après la rencontre. Je lui ai demandé pourquoi il pleurait et il m’a répondu : « Nous avons perdu la Coupe du monde ! » C’est resté gravé dans ma mémoire jusqu’à aujourd’hui.

Vous avez remporté votre première Coupe du monde en 1958 en Suède...

J’avais 17 ans et c’est comme si c’était hier ! (rires)

Et puis vous avez également gagné en 1962 et 1970. Etait-ce la même sensation à chaque fois ?

Non, car ces victoires ont eu lieu à des étapes différentes de ma vie. A 17 ans, c’était un rêve. J’étais jeune et je n’avais pas la même pression qu’en 1970. A ce moment-là, j’étais un des éléments les plus expérimentés de l’équipe, comme ont pu l’être en leur temps Garrincha, Gilmar ou Zico. Et les responsabilités étaient bien plus grandes. Mais l’émotion de la victoire est toujours la même.

« Je suis d'accord avec les manifestants »

Le Brésil est le pays du football mais que voudriez-vous montrer de votre pays d'autre durant cette Coupe du monde ?

Le Brésil est le pays qui ouvre son cœur à tout le monde et où les gens aiment vivre. C’est une excellente opportunité parce que nous accueillons coup sur coup trois grands événements sportifs : la Coupe des confédérations l’an passé, la Coupe du monde dans quelques mois et les Jeux olympiques en 2016. C’est fantastique pour la promotion de notre pays et les rentrées d’argent que cela va générer. Mais il faut réussir une excellente organisation pour ça.

Certains Brésiliens ne comprennent pas les sommes investies dans la Coupe du monde, qui auraient pu l'être par exemple dans l'éducation...

Ecoutez, je suis d’accord avec les manifestants. C’est quelque chose qui me préoccupe parce que moi-même, quand j’ai marqué mon 1000e but, j’ai demandé au gouvernement de construire des écoles, de s’occuper des enfants. Tout le monde connait mes convictions. Mais les gens doivent comprendre que ce n’est plus le moment, parce que les joueurs sont la meilleure promotion pour le Brésil. Ils n’ont rien à voir avec la situation politique. Laissons passer l’événement avant de s’opposer au gouvernement.

« Neymar a de grandes responsabilités »

Qui va remporter la Coupe du monde ?

Si vous me demandez qui je veux voir gagner, je vais évidemment répondre le Brésil. Mais qui va gagner ? C’est une question différente. Je pense que la France peut jouer un rôle, comme l’Allemagne. L’Espagne a aussi une belle équipe, comme le Brésil. L’Italie est toujours présente, comme l’Argentine. Mais il faut respecter chaque équipe dans une Coupe du monde.

Vous avez cité la France parmi les favoris. L'avez-vous vu jouer récemment ?

J’ai vu l’équipe mais, à trois mois de la Coupe du monde, ce n’est pas le moment d’en parler. On verra au moment de la Coupe du monde. La France, le Brésil, l’Allemagne… ou l’Argentine (sourire) ont de l’expérience. Ce n’est pas très grave de pas bien jouer pendant les qualifications et les matches amicaux. Ce qui compte, c’est la Coupe du monde.

Vous avez exprimé votre admiration pour Neymar. Il va subir beaucoup de pression durant la compétition. Pensez-vous qu'il puisse la supporter ?

Il a 22 ans. J’en avais 17 quand j’ai gagné ma première Coupe du monde. C’est un peu différent mais ça ne fait pas de doute que Neymar est l’un des meilleurs joueurs brésiliens depuis deux ans. Ses responsabilités sont grandes parce que tout le monde attend qu’il nous fasse gagner la Coupe du monde. Mais il a gagné en maturité grâce à ses six mois à Barcelone et c’est bon pour lui et le Brésil.

Une question sur le Paris Saint-Germain, où des Brésiliens comme Thiago Silva et Lucas évoluent...

J’ai vu quelques résumés des matches. Lucas, tout le monde le connait de l’équipe des moins de 20 ans, comme Neymar ou Oscar. C’est très difficile de parler d’un joueur qui n’a aucune expérience en Coupe du monde. Parce que parfois, vous pensez qu’ils vont réagir d’une certaine manière et il peut très bien se passer le contraire.

Si vous pouviez faire un vœu à trois mois de la Coupe du monde, quel serait-il ?

Si j’étais Dieu, je me dirais : « OK Dieu, fais jouer la France et le Brésil en finale. Et fais gagner le Brésil… » J’en rêve !

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