Deschamps sur RMC et BFM TV : « Je ne suis pas là pour prendre les 23 meilleurs joueurs »

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EXCLU. Invité exceptionnel ce mercredi de BFM TV et de RMC, Didier Deschamps a confié l’importance qu’il plaçait dans la logique de groupe en vue de sa liste de 23 pour la Coupe du monde. Et affiché, aussi, une certaine prudence sur les objectifs à...

Deschamps a déjà une vingtaine de noms

« Je n’ai pas encore les 30. Il y a encore beaucoup d’interrogations. Il y a des joueurs qui sont en phase de récupération, qui ont des soucis physiques. Il y a des matches encore d’ici la liste. Si aucun joueur n’a de souci physique, j’en ai une vingtaine surs. J’ai une liste de base de joueurs qui devraient être là, puisqu’ils viennent pratiquement à chaque fois. »

Il ne prendra pas les 23 meilleurs... mais le meilleur groupe

« J’ai une liste différente à faire. Ce n’est pas celle d’un match amical. Comme tout sélectionneur, je ne suis pas là pour prendre les 23 meilleurs joueurs français à chaque poste mais pour faire un groupe qui me semble le plus apte pour aller le plus loin possible dans la compétition. »

Pas la volonté de surprendre

« Je ne suis pas là pour faire une surprise. Je n’ai pas le droit de jouer avec ça, avec l’aspect humain. Mais si j’estime que pour aller à la Coupe du monde,  il y a un joueur qui peut nous apporter quelque chose, je le prendrai. »

Il est prêt à laisser un talent de côté...

« Oui, ça peut, s’il y a un équilibre de groupe. Ce n’est pas que l’état d’esprit. Il y a des joueurs qui vont être titulaires, d’autres qui ne vont pas jouer cette Coupe du monde et d’autres qui vont peu jouer. Il ne faut pas que ceux qui ne jouent pas soient contents de leur situation, mais il ne faut pas qu'ils aillent à l'encontre de ceux qui jouent et de l’intérêt collectif. Je suis aussi dans la projection de ce qui nous attend, à savoir l’Euro 2016. »

... et à décevoir sept joueurs

« Je dois donner 30 noms (avant le 13 mai, ndlr), je suis obligé. La dead line, c’est le 2 juin. Je peux faire 23+7... Je peux faire 30 et en enlever sept.  On verra. J’y réfléchis depuis un bon moment et je le dirai le 13 mai. Humainement, c’est terrible. Je sais que je vais faire plus de malheureux que d’heureux. Je l’assume. Il n’y a pas de bonne solution dans cette situation. C’est la logique sportive. On ne sait jamais ce qui peut se passer.  Il y aura les matches de préparation. Et il y a une logique humaine aussi. »

Valbuena, « un faux débat »

« (à propos de Mathieu Valbuena, qui penserait plus à la Coupe du monde qu'à l'OM) C’est une foutaise, ça ! Heureusement que les joueurs français pensent à la Coupe du monde ! Vous croyez que les étrangers n’y pensent pas ? Mettre en avant cet argument, c’est  un faux débat. Quand on met le frein à main, c’est là qu’on risque le plus souvent la blessure. Evidemment, l’échéance se rapproche. Mais il y a des internationaux français et étrangers qui vont faire une finale de Ligue des champions. Vous croyez qu’ils vont se préserver ? Aujourd’hui, si un joueur a une blessure importante, il ratera le Mondial comme Valdès ou Benteke. »

Nasri comme les autres

 « Ce sont tous des cas. Lui, pas plus qu’un autre. Il a été bon et moins bon aussi. Mais on en parlera toujours. On est sur une bonne cinquantaine de joueurs. J’ai encore des interrogations. J’ai des joueurs qui sont blessés, en phase de reprise et on est proche. Il ne reste plus qu’un mois de compétition. »

Toulalan « trop marqué » pour revenir

« J’ai eu de longues discussions avec Jérémy. Je ne vais pas rentrer dans les détails. Mais Jérémy est très marqué et sans doute trop marqué par ce qui s’est passé. S’il ne sera pas dans la liste ? Je n’ai pas dit ça. Le temps fait son travail. Je sais ce qu’il pense et il sait ce que je pense aussi. »

Deschamps ouvre la porte aux jeunes

« Contre les Pays-Bas, j’avais neuf joueurs de moins de 25 ans. La jeunesse amène de l’enthousiasme. Je n’ai jamais regardé la carte d’identité. Si je pense qu’un joueur de 20 ans apporte plus qu’un de 30, je mettrai celui de 20 ans. Après pour répondre aux exigences du haut niveau, il faut avoir un peu d’expérience. Et pour cela, il faut du temps de jeu aussi. Le niveau international a des exigences beaucoup plus élevées. Etre bon en Ligue 1 et être bon en équipe de France, c’est encore un palier à franchir. Le poids du maillot de l'équipe de France, il faut l'assumer. Dans l’optique de l’Euro 2016, évidemment que la présence de jeunes joueurs est une bonne chose. Pour certains joueurs, ce sera la première grande compétition. Au sortir de la Coupe du monde, ils auront déjà un vécu international important. »

Les Bleus ne manquent pas de leaders

« Toutes les équipes ont des leaders. J’en ai plusieurs. Il y a différentes formes de leadership, ce n’est pas forcément celui qui parle le plus haut, le plus fort. Il y a le leadership physique, technique et mental. Je ne donnerai pas leur nom mais ce sont des joueurs qui ont déjà un certain vécu. Et puis certains se révèlent aussi. Des jeunes peuvent prendre la parole, comme ce fut le cas de Sakho avant le match contre l’Ukraine. Il faut des mots et une certaine adéquation avec le visage. »

Deschamps ne voit pas plus loin que le Honduras...

« Sincèrement, mon objectif c’est de gagner le 1er match contre le Honduras le 15 juin. Cela pourrait te placer idéalement pour le reste de la compétition. Cela ne sera pas suffisant après. Ce que je sais aujourd’hui en revanche, c’est ce que c’est de rater une Coupe du monde. Réussir une Coupe du monde… Chacun aura une analyse différente. Je veux que les joueurs y aillent avec beaucoup d’ambition, en tenant compte de ce qu’on est et de ce qu’on est capable de faire.  On va aussi se retrouver en face de nous face à des équipes de qualité. Il faut croire en nous. Les joueurs ont besoin de ça. La dernière fois que la France a gagné un match (de groupe) de Coupe du monde, c’est en 2006 contre le Togo. On ne fait plus partie des meilleures équipes européennes ou mondiales. Il y a 6 ou 7 équipes qui commencent la compétition pour la gagner, ce n’est pas notre cas. »

... et reste très prudent sur les objectifs des Bleus

« Est-ce que la France peut aller au bout ? Aujourd’hui, je ne peux pas dire ça. Je mentirais, sinon. La valeur de l’équipe de France, c’est le match aller ou le match retour contre Ukraine ? On est capable de faire ce qu’on a fait au match retour, mais on a été aussi capable de faire ce qu’on  a fait à l’aller. Ce qui compte, c’est de s’appuyer sur ce que l’on a fait au match retour et le faire durer dans le temps et à chaque match. »

Knysna, impossible à effacer

« Ce sera une trace indélébile, mais ce qui m’intéresse, c’est le présent et le futur. Je n’en ai jamais parlé avec les joueurs car je n’étais pas là. Mais il y a un avant et un après 2010. Cela a eu des conséquences et ça en a toujours aujourd’hui. Sincèrement, on ne peut pas l’effacer. Cela fera partie de l’histoire du football français et donc du football mondial. »

L'attitude et la détermination, plus importants que la Marseillaise

« De quel droit, moi sélectionneur, je leur imposerais de chanter ? Je sais que ça fait un débat. Mais quand on rencontre des équipes, je regarde nos adversaires. Et il y en a beaucoup qui ne chantent pas. Et là, on n’en parle pas. C’est un faux débat. Après, c’est une conviction personnelle : c’est mieux s’ils la chantent. Au-delà de ça, il y a une attitude à avoir. On ne peut pas être à cinq minutes d’un match où on va représenter son pays comme si on était en balade au bord de la mer. On doit être préparé au combat. On a le devoir de donner et d’être dans l’implication et la détermination. A chaque fois. A chaque match. »

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