PSG : les mises au point de Blanc

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Après Bordeaux en 2009, Laurent Blanc a décroché le deuxième titre de champion de France de sa carrière avec le PSG, ce mercredi. Et il a réglé ses comptes sur plusieurs sujets, comme sa prolongation et sa crédibilité en début de saison.

Laurent Blanc avec Edinson Cavani
@ AFP
Laurent Blanc avec Edinson Cavani

Laurent Blanc, quelle était l'ambiance dans les vestiaires après ce deuxième titre de champion ?

Les joueurs se sont montrés très bons pour faire des bêtises après le match, dans les vestiaires. Ça fait partie de la joie que l’on a quand on est champion. Ce n’était pas organisé, mais c’était bien à vivre.

Etes-vous déçu de la défaite face à Rennes ?

Oui, mais comme vous (les journalistes, ndlr) le dites, le plus important, c’était le titre. Je suis déçu de la défaite. J’espère qu’on va marquer quelques points de plus d’ici la fin du championnat pour battre le record de points en L1 (détenu par Lyon, 84 contre 83 pour le PSG) parce que cette équipe mérite d’être dans le livre des records au regard du championnat qu’elle fait. Pour cela, il faudra rester un peu concentré et marquer des points à Lille et contre Montpellier. Ce ne sera pas évident, comme ça ne l’a pas été d’apprendre qu’on était champion en pleine discussion d’avant-match. Je ne voulais pas regarder Monaco-Guingamp, mais il y a toujours un ami qui te glisse que le score est de 1-1 et qu’on est champion. J’étais en train de préparer ma causerie qui dure trente secondes. Là, elle n’a pas duré dix secondes. L’analyse globale, il faut la faire sur tout le championnat et pendant les dix mois de compétition, il y a beaucoup de louanges à faire aux joueurs, aux staffs technique et médical, et aux dirigeants. Quand on attaque une saison, même si on met beaucoup de moyens, il n’y a pas de garantie de résultats.

Maintenant que le titre est acquis, allez-vous prolonger ?

Ça, vous le verrez, oui. Maintenant que le titre est acquis, je tenais à mettre les choses au point. J’ai peut-être fait une erreur de communication mais je maintiens, et je suis peut-être un peu têtu sur ça, qu’il était hors de question de prolonger tant que les objectifs n’étaient pas atteints. Même s’il y avait eu des discussions et des accords préalables avec le club. Vous ne le saviez pas. Le seul problème, c’est que quand vous partez dans tous les sens, vous affirmez des choses qui sont fausses. Très fausses. C’est peut-être de ma faute, mais je pense qu’avant d’affirmer certaines choses, il faudrait quand même vérifier vos informations. J’ai vraiment entendu des choses fausses, comme quoi j’exigeais certaines choses avant de signer. J’exigeais un team manager, je trouvais que mon salaire n’était pas assez élevé… Pfff... Bref, c’est dit, je voulais vous le dire.

L'élimination en quarts de finale de la Ligue des champions vous laisse-t-elle des regrets ?

Tout le monde a eu du mal à digérer cette élimination. Même si c’est une compétition que le PSG veut gagner dans l’avenir, on n’a pas de garantie là-dessus. Des exemples le démontrent. Je vais faire mon possible, j’ai beaucoup appris du parcours du PSG en Ligue des champions. Il faut que je retienne beaucoup de choses. Je n’ai pas dû faire les meilleures choses, sinon on se serait qualifié. Si tout le monde essaie de retenir ce qui n’a pas fonctionné pour les années suivantes, c’est comme ça qu’on progressera. Le problème, c’est que j’ai l’impression que la saison du PSG est juste évaluée par rapport au parcours de Ligue des champions. Comme tout le monde veut que le PSG la gagne, la saison est presque à jeter aux orties. C’est un peu simpliste puisque des clubs se sont fait éliminer en huitièmes de finale comme Manchester City qui va surement gagner le titre. Si on s’était fait éliminer en 8es, ça aurait été un désastre et tout le monde aurait crié contre l’entraîneur. Je sais à quoi m’en tenir. Je connais les règles du jeu, mais c’est un peu sous-évaluer les titres nationaux.

« Tout le monde pensait que Paris serait champion avec n'importe quel entraîneur »

Comment vivez-vous cette fin de saison ?

Elle est pénible et un peu poussive. La saison, c’est dix mois. Allez-vous retenir les quatre derniers matches ou tous les autres ? Je connais la réponse. Si tu fais ça en début de championnat et que tu termines en boulet de canon, votre analyse ne serait pas la même alors que vous avez le même nombre de points. C’est là où ce n’est pas juste.

Gardez-vous des souvenirs précis cette saison ?

Il y en a beaucoup et j’en garde un très précis. En début de saison, on commence par deux nuls et on commence à avoir la pression, surtout l’entraîneur. On va à Nantes et on n’est pas très bien. On se demande si l’entraîneur va rester longtemps et n’a pas déjà préparé ses valises. Ça commence à chauffer un peu mais dans la saison, on a rectifié le tir. Il y a des matches clés dont la victoire à Marseille à dix contre onze en deuxième mi-temps avec, dans le jeu, une domination. Ça nous a confirmé qu’on était sur le bon chemin et qu’on était très fort. Il y a eu d’autres matches très maitrisés à domicile. On a su allier le beau jeu et l’efficacité.

Où situez-vous ce titre par rapport à celui qui vous avez décroché avec Bordeaux en 2009 ?

Bordeaux, c’était le premier. Et on dit qu’on se souvient plus des premières fois. Celui-là, je l’apprécie parce qu’au début du championnat, tout le monde pensait que Paris serait champion avec n’importe quel entraîneur. C’est peut-être vrai, mais je n’en suis pas convaincu. Il faut aller gagner des points, donner une identité de jeu et mettre en place une philosophie avec des grands joueurs qu’il faut convaincre et avec qui il faut discuter. Il y a parfois des moments de tension. L’entraîneur du PSG, ce n’est pas un mec qui met onze noms et qui leur dit : "faites ce que vous voulez, gagnez !". Ce serait trop simple. Les joueurs sont importants, mais le staff technique l’est aussi dans les bons comme dans les mauvais moments.

Déplorez-vous les critiques sur votre façon de travailler ?

On parle sans savoir. Il y a beaucoup de jalousie et c’est un vilain défaut. Ça finit toujours par de la méchanceté. Je n’ai pas ce défaut. Il faudrait venir voir comment on travaille. Je suis à l’entraînement tous les jours et je travaille comme tous les entraîneurs et les staffs techniques le font. Je fais comme tous les autres, je participe à l’entraînement et aux choix de certaines choses. Je délègue beaucoup, mais un entraîneur d’un grand  club doit déléguer parce qu’il a plein de choses à faire autre part que sur le terrain de football. C’est ma manière de fonctionner et moi, je ne critique personne. Tout le monde a raison quand il obtient des résultats. J’ai eu la chance de travailler avec des grands entraîneurs à l’étranger. Il faut avoir une ouverture d’esprit et ne pas penser que sa méthode, c’est l’unique et la bonne.

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Propos recueillis par Loïc Briley et Jean Resseguié