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Moussa Niakhaté (Mayence): "J’ai choisi la sélection pour laquelle je vais jouer"

Plus jeune capitaine de Bundesliga à 26 ans, Moussa Niakhaté vit peut-être sa dernière saison avec Mayence (10eme de Bundesliga). Le défenseur central, 11 sélections en équipe de France Espoirs, voit arriver devant lui des prochaines semaines mouvementées. Toujours intéressant sur la réflexion qu’il mène sur son jeu, l’ancien messin a également pris une décision importante. Il sait pour quelle sélection il veut jouer.

Est-ce qu’on peut dire que vous vivez votre meilleure saison ?

Je pense oui. Je suis content de ce que je fais cette année et plus globalement depuis le début de ma carrière. Je sais que je progresse et que je suis meilleur chaque saison. J’ai réussi à améliorer mon jeu, à grandir. Je pense être un meilleur joueur chaque année. J’ai de plus en plus de responsabilités aussi, c’est que je vais dans le bon sens.

Comment ressentez-vous le fait d’être un meilleur joueur ?

Je suis beaucoup plus serein sur le terrain. Le fait d’avoir plus de responsabilités me donne encore plus l’envie de tout donner. Je me sens plus fort défensivement, plus solide, plus fort aussi avec le ballon quand je suis sous pression. Et je suis plus décisif offensivement. Il y a deux ans, je trouvais que je ne marquais pas assez, donc j’ai travaillé plusieurs points à l’entraînement. C’est aussi ça un défenseur moderne.  J’ai mis trois buts la saison dernière, et trois cette saison pour l’instant. En début d’année, je me suis fixé l’objectif de mettre quatre buts… J’ai un pari avec un ami à ce sujet. J’ai encore du temps pour le gagner (rires).

A 26 ans, vous êtes le plus jeune capitaine de Bundesliga, ça veut dire quelque chose ?

D’être le plus jeune non. Mais ça veut dire quelque chose d’être capitaine en revanche. Ça me prouve que le club a confiance en moi, en ma personnalité et que je me donne à 100%.  Je pense qu’être capitaine vient de mon éducation. J’ai toujours voulu faire les choses justes… ne pas suivre les autres… C’est probablement ce dont je suis le plus fier. J’ai toujours pensé par moi-même. Parfois, je suis à contre-courant et ça me va. Je pense que ça me sert en tant que capitaine quand on doit évoquer des sujets importants.

Vous êtes devenu capitaine grâce à ça ?

Pas seulement je pense. Je suis arrivé à 22 ans à Mayence… on m’a souvent dit qu’il y avait besoin d’un temps d’adaptation. Mais pas pour moi. Ma volonté dépasse tout. A Metz, je suis parti 4ème défenseur central, j’ai fini dans l’équipe, car je me disais que dans ma tête ça n’allait pas se passer comme ça. En arrivant à Mayence, c’était la même chose. J’ai tout de suite voulu être un joueur important, en parlant à mes coéquipiers même sans parler allemand. L’année d’après, à 23 ans, j’étais vice-capitaine.

A 26 ans, êtes–vous là où vous pensiez être plus jeune ?

C’est une question difficile car mon rêve, c’était d’être footballeur professionnel. Puis ensuite, ça a été de jouer en Ligue 1… Puis de jouer à l’étranger… Plus le temps passe, plus je fais évoluer mes objectifs. Maintenant je me sens bien, respecté en Allemagne. Je suis encore obligé de faire évoluer mes objectifs pour le futur. C’est à la fin de ma carrière que je pourrais répondre à cette question. Je suis encore capable de franchir un nouveau palier.

Vous dites être un joueur qui réfléchit beaucoup. Pour votre futur, il faudra donc forcément que vous puissiez parler avec tout le monde avant de signer ?

Bien entendu, mais c’est la base. Je dois parler avec le directeur sportif, avec l’entraîneur… On a déjà vu des joueurs arriver dans des clubs sans parler à leur entraîneur et le résultat n’est jamais bon. Après Metz, j’avais le choix entre deux ou trois clubs. Franchement, je devais signer en Premier League, je ne vous le cache pas. Mais j’ai quand même accepté de voir Mayence pour être sûr de moi. Quand je suis arrivé au rendez-vous, le directeur sportif et le coach de Mayence étaient là. Ils se sont déplacés, avec un discours qui m’a plu, où j’ai senti que j’allais progresser. Finalement, je n’ai pas signé en Premier League mais chez eux.

On a le sentiment que c’est votre dernière saison à Mayence…

Je ne sais pas, sincèrement. Il y a une réflexion avec le club, oui. On discute. Mayence sait ce que j’ai fait pour le club et je sais ce que je dois au club. On verra s’il y a quelque chose de concret, avec un projet qui convient à tout le monde. 

Il y a aussi un sujet important autour de vous en ce moment. Vous êtes Franco-Sénégalais… vous avez joué en équipe de France jusqu’en Espoirs… Vous avez fait votre choix ?
Oui, et il est fait depuis longtemps, mais je ne peux pas vous le dire. Je peux simplement dire que c’est le choix du cœur. C’est ce qui m’anime, c’est la façon dont je vois les choses. Ce serait hypocrite pour moi d’attendre et d’être opportuniste. J’ai choisi et je vais privilégier mon cœur.


On a entendu dire qu’Alliou Cissé, le sélectionneur du Sénégal, vous a contacté ?
Ce n’est pas en interview que je peux dire les choses pour l’instant, mais directement avec les gens concernés.

Loïc Tanzi