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Super League: comment tout s’est écroulé en l’espace d’une soirée

Quelques heures à peine après une manifestations de supporters à Londres, Chelsea puis Manchester City, suivis par d’autres signataires, sont en train de renoncer à leur participation à la Super League, un projet mort-né.

C’est le moment où tout a basculé, la pichenette qui a fait s’écrouler le château de cartes. Les dirigeants de Chelsea ont cédé face à la pression populaire, entraînant avec eux les onze autres dissidents qui appuyaient le projet d’une Super League face à la Ligue des champions défendue par l’UEFA et d'autres cadors européens. A 22h30, MAnchester City a officialisé son retrait du projet, premier club à le faire.

Des centaines de supporters de différents clubs anglais, et pas seulement de Chelsea, se sont rassemblés aux abords de Stamford Bridge dans la soirée pour exprimer pacifiquement leur désapprobation face à un modèle promu par six clubs de Premier League. Le pic d’une journée où la pression s’est intensifiée. Jusqu'à 22h30, aucun club n'avait pourtant officiellement annoncé le retrait mais le bruit se faisait insistant pour City, Chelsea (une décision saluée par Boris Johnson), l'Atlético de Madrid, tandis que Barcelone voulait finalement soumettre l'idée à un référendum de ses socios.

Des centaines de supporters ont donc mis leur rivalité de côté le temps d’une soirée pour se rappeler de ce qui les unit face à ce qui, selon eux, dénaturerait le football. Le projet en question, qui prévoyait que 15 des 20 places dans la nouvelle compétition soient réservées d'office à des équipes fondatrices tous les ans, s'est attiré les foudres conjointes de pratiquement tout le monde, avant même qu’il soit officialisé dimanche dernier. 

Un rêve éphémère

Son espérance de vie était déjà très largement entamée à l’entame de cette journée, d’autant que les gouvernements de plusieurs pays concernés par cette réforme s’étaient rejoints sur le discours à faire entendre à la majorité. De nombreuses personnalités influentes du milieu ainsi que des joueurs avaient également fait part de leur dégoût. Et comme la FIFA de Gianni Infantino était décidée cette fois à apporter son soutien franc et sincère à l’UEFA du Slovène Aleksander Ceferin, la Super League avait du plomb dans l'aile avant même d’avoir existée.

Devant Stamford Bridge, mardi soir, les manifestants, dans un bon esprit, ont bloqué la circulation devant la principale entrée du stade, empêchant même le bus de Chelsea de rentrer. L'ancien gardien de but du club et actuel directeur technique Petr Cech a même dû sortir pour demander aux manifestants de bien vouloir le laisser passer. Le gardien tchèque a essayé d’amorcer une discussion, mais dans la foule, les slogans “on emmerde la Super League” étaient repris en chœur, couverts par les klaxons des voitures qui, en passant, sympathisaient avec la cause que tout un milieu avait embrassé.

De Marcelo Bielsa à Jürgen Klopp, en passant par Pep Guardiola, la caste des entraîneurs n’a pas fait mystère de sa défiance face à la Super League, quand bien même pour certains, leurs patrons étaient mouillés dans cette affaire. Seuls Zinedine Zidane et Andrea Pirlo, un timide soutien dans la tempête, ne rejoignaient pas ce concert de critiques, le technicien français n’osant pas s’attaquer de front à sa direction. Et pour cause, le président du Real Madrid, Florentino Pérez, n’est autre que l’instigateur de ce projet, dont l’ambition était d’imposer une nouvelle donne. Las, son rêve aura semble-t-il été éphémère. 

QM