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MMA: Gaël Grimaud signe son grand retour

A 41 ans et après quatre ans d’absence, le Réunionnais, Gaël Grimaud est l’une des têtes d’affiche du "Hexagone MMA", compétition organisée à Paris la Défense Arena. Ce sera son premier combat depuis 2017 mais c’est surtout la première fois de sa carrière qu’il évoluera devant un public français.

"L’excitation du combat et cette adrénaline m’ont beaucoup manqué et je les retrouve aujourd’hui pour mon plus grand plaisir", lâche tout sourire Gaël Grimaud. Depuis le 17 mars 2017, sa dernière défaite en professionnel, le Réunionnais a mis en pause sa carrière. "C’était le bout d’un cycle, j’avais besoin de me retrouver, de retrouver ma place dans ce sport, dans ma vie de famille et de professionnel". Alors l’ancien judoka a pris du temps pour lui: "j’ai décidé de tout lâcher et faire un tour du monde pendant un an avec ma famille. On est allé dans des salles de sport, à la rencontre des communautés et comprendre l’essence du sport dans les civilisations en Asie et en Amérique." Parce que Gaël a toujours voulu apprendre pour faire évoluer sa discipline mais surtout il avait un autre combat: structurer le MMA.

Et depuis le 31 janvier 2021, son sport est officiellement légalisé. Jusqu’alors décrié par sa dangerosité, le MMA prend une nouvelle tournure depuis, il est encadré par la fédération de boxe et les compétitions sont autorisées dans l’hexagone. "Pour moi c’était un travail de longue haleine, j’ai ma petite part de fierté, j’ai mis ma pierre à l’édifice, c’est une belle chose pour moi", lâche fièrement Gaël. Car avant cela, ce père de deux enfants ne pouvait pas évoluer en France et ç'a été préjudiciable dans sa carrière professionnelle: "je voulais combattre à l’UFC (Ultimate Fighting Championship) mais sans public français c’était compliqué. Il ne faut pas être seulement un bon combattant, il faut aussi avoir un public et un intérêt financier pour l’UFC et sans cette légalisation je n’intéressais pas les promoteurs", explique l’athlète. Mais tout cela est derrière lui, ne pas avoir atteint cet objectif "n’est pas un regret, il s’est passé d’autres choses dans ma carrière et aujourd’hui mon rêve est de combattre en France devant mon public". Un rêve bientôt réalisé.

"Le public, c’est une pression supplémentaire, c’est excitant"

A 41 ans, passé par le judo dès l’âge de 7 ans, devenu champion d’Europe de Jiu Jitsu Fighting   et après une carrière de MMA débutée en 2008, Gaël Grimaud va disputer son 28ème combat professionnel (20 victoires 7 défaites) devant un public français, une grande première. "C’est une pression supplémentaire, c’est excitant, je ne sais pas comment je vais réagir". Et pour se préparer au mieux, celui qui a remporté une ceinture mondiale en 2011 en Cage Warrior, la troisième ligue mondiale après l’UFC et le Bellator, a retrouvé un DOJO qu’il connaît très bien, à Villecresnes, en région parisienne. Il s'entraîne avec son ami d’enfance, Gaëtan Hurtel. Ce dernier n’est d’ailleurs pas étonné de le revoir au combat après toutes ces années: "je suis un peu plus jeune que lui, j’ai combattu aussi mais revenir comme il le fait c’est quelque chose dont je me sentirai pas de faire. Mais lui, c’est un compétiteur dans l’âme que ce soit sur les tatamis, en cage ou dans la vie, ça représente bien sa personnalité." Pour le principal concerné, ce retour a été tout de même source de questionnement: "parfois je passe par des moments de doutes, des questions, pourquoi à mon âge je fais ça? Mais contre toute attente ça me rééquilibre, j’ai les idées plus claires, je me sens très bien."

Affûté, prêt au combat, Gaël Grimaud inaugurera ce premier événement "Hexagone MMA" face au Portugais Falto Neto Lopes, à Paris la Défense Arena, le 9 juillet prochain et diffusé sur RMC Sport). Un premier combat d’"une nouvelle carrière" pour Le Réunionnais.

Lena Marjak